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lundi 25 février 2013

Charly 9 de Jean Teulé

Auteur: Jean Teulé, Français
Bibliographie (romans):

  • Rainbow pour Rimbaud,
  • L'Œil de Pâques
  • Ballade pour un père oublié,
  • Darling,
  • Bord cadre
  • Longues Peines,
  • Les Lois de la gravité,
  • Ô Verlaine !
  • Je, François Villon
  • Le Magasin des suicides,
  • Le Montespan,
  • Mangez-le si vous voulez
  • Charly 9
  • Fleur de tonnerre

Editeur: Pocket
Genre: Contemporain
Challenges: A vos nombres, Chez Frogzine (nombre)

Mon avis:

Fou: le personnage principal, l'intrigue, l'écriture. Tout est fou dans ce roman et pourtant il y a comme un quelque chose. L'auteur ne se préoccupe pas de réalité historique et alors. Penser que le 1er avril on fait des farces et on accroche des poissons pour faire la nique au Roi qui change la date du début de l'année au premier janvier. Que le 1er mai on distribue du muguet porte-bonheur à cause de lui. Ça a un côté loufoque qui me plaît.

Le livre commence à la veille de la Saint Barthélémy, moment bien sombre de l'histoire de France. Cette décision ne s'est peut être pas prise ainsi avec cet échange entre le Roi et ses conseillers où l'on passe de 1 mort à des milliers, où la décision est prise un peu au hasard .
Par la suite ce roi ne prend que des mauvaises décisions entraînant encore de nombreuses morts, la ruine , le déclin. Pour sa défense il est entouré d'une famille de vipères, entre le frangin qui ne pense qu'à prendre sa place, la soeur qui se promène avec une tête en bocal et la mère qui collectionne les amulettes et les méchancetés.

Pourtant on le plains ce petit charly, entouré de mauvais et qui jour après jour se rend compte qu'il a fait tuer tous ceux qu'il appréciait.  
La prochaine fois que je vais au Louvre je ferme les yeux et imagine des lapins de Garenne fuyant un roi nu sur son destrier.

4ème de couverture:
  Charles IX fut de tous nos rois de France l un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy qui épouvanta l Europe entière. Abasourdi par l énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond

vendredi 22 février 2013

Rue des voleurs de Mathias Enard

Auteur: Mathias Enard, français né en 1972
Bibliographie:
  • Parle-leur de batailles, de roi et d'éléphants
  • rue des voleurs
  • Zone
  • L'alcool et la nostalgie
  • la perfection du tir
  • remonter l'orénoque
  • Bréviaire des artificiers
Editeur: Actes Sud
Prix: 21.50€
Genre: Contemporain

Mon avis:
D'emblée je me suis attachée au personnage de Lakdhar. Il aime lire, ce qui me le rend forcément sympathique, il trouve dans la lecture une fuite, un refuge, un espoir, un plaisir. Par contre dans sa vie de tous les jours il vit avec des oeillères, il ne voit pas ce qui est évident. J'ai aimé ce personnage aussi pour sa complexité. 
Lakdhar c'est d'abord un jeune marocain de Tanger avec des désirs simples, passer du temps avec son ami Bassam, draguer les filles, lire des polars, s'amuser. Il ne rêve pas de franchir le Détroit vers l'Espagne et des rêves de grandeur. Il désire sa cousine Meryem. Quelque part il est comme tous les jeunes, sauf qu'il vit à Tanger et que la religion tient une part importante dans sa vie et celle des autres. 
Il va être le témoin d'évènements sans vraiment y prendre part, sans non plus se rendre forcément compte de leur portée. Ainsi lorsqu'il est recueilli par un groupe d'islamiste il va rester aveugle à leurs vraies motivations.
Lakdhar c'est aussi le chanceux poissard. Contradictoire? Non , il se sort d'une situation pour retomber dans une autre, il peut avoir l'impression que c'est un mieux, de l'argent , de la liberté, une belle histoire, et hop, le destin lui donne un petit coup sur la caboche et arrive les ennuis.
C'est aussi le récit d'une errance, sans vraiment de but. Lakdhar ne rêve pas d'ailleurs mais voyage. Au cours de son voyage il croise des personnages aux caractères très variés. Bassam son ami d'enfance est un gars simple qui s'oublie peu à peu au profit d'une idéologie qui n'est pas complètement la sienne. Ainsi parfois au contact de Lakdhar on voit surgir un espoir , un éloignement des Ténèbres. 
Le cheik Nourredine est un serpent aux jolis couleurs, tout chez lui respire la duplicité.
 Judit, jeune femme espagnole...Elle est en prise avec la crise Espagnole (l'histoire se déroule au moment des printemps arabes et du mouvement des Indignés). Sa relation avec Lakdhar est étrange , entre rêve et réalité.

La fin du roman est surprenante Même si quelques indices au cours de la lecture laisse deviner où se trouve Lakdhar je n'ai jamais penser que cet acte final serait celui écrit par l'auteur, et pourtant il y a là une certaine logique.

Rue des voleurs est également le titre du dernier chapitre, là où tout fini mais aussi un lieu d'humanité, certes une humanité à la dérive mais vivante. Je ne suis pas sure que le personnage soit malheureux au début ou à la fin du livre, il a trouvé une certaine paix au milieu des bouquins et des souvenirs. Car il s'agit là de souvenirs, racontés à la première personne a posteriori. Quelques apartés montrent que le narrateur (Lakdhar), avec le recul, a pris la mesure de l'importance des détails, des évènements.
C'est un bon livre mais comme beaucoup de mes lectures du moment un livre où il y a un fort sentiment de gâchis.

4ème de couverture:
C'est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d'épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d'espagnol, mais assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l'âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C'est avec elle qu'il va "fauter", une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.
Commence alors une dérive qui l'amènera à servir les textes, et les morts, de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l'amour et les projets d'exil.
Dans "Rue des Voleurs", roman à vif et sur le vif, l'auteur de "Zone" retrouve son territoire hypersensible à l'heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s'embrase, l'Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l'énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d'un combattant sans cause, "Rue des Voleurs" est porté par le rêve d'improbables apaisements, dans un avenir d'avance confisqué, qu'éclairent pourtant la compagnie des livres, l'amour de l'écrit et l'affirmation d'un humanisme arabe.




Opium Poppy d'Hubert Haddad

Auteur: Hubert Haddad, tunisien né en 1947
Bibliographie (romans):
  • Un rêve de glace
  • La Cène
  • Les Grands Pays muets
  • Armelle ou l'éternel retour
  • Les Derniers Jours d'un homme heureux
  • Les Effrois
  • La Ville sans miroir
  • Perdus dans un profond sommeil
  • Le Visiteur aux gants de soie
  • Oholiba des songes
  • L'Âme de Buridan 
  • Le Chevalier Alouette
  • Meurtre sur l'île des marins fidèles
  • Le Bleu du temps
  • La Condition magique
  • L'Univers, roman dictionnaire
  • La Vitesse de la lumière
  • Le Ventriloque amoureux
  • La Double conversion d'Al-Mostancir
  • La culture de l'hystérie n'est pas une spécialité horticole
  • Le Camp du bandit mauresque, récit d'enfance
  • Palestine
  • Géométrie d'un rêve
  • Opium Poppy
  • Le Peintre d'éventail 
Editeur: Folio
Genre: contemporain

Merci pour ce partenariat à Livraddict et aux éditions Folio. J'avais découvert Hubert Haddad  avec "L'âme de Buridan" et si le sujet m'avait semblé étrange j'avais aimé la poésie deses mots.

4ème de couverture:
 "Ils m'ont donné un revolver et quand j'ai tiré, j'ai vu que c'était sur mon frère."
Bertolt Brecht

C'est l'histoire d'Alam. Celle d'un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d'opium. A travers ses yeux, nous découvrons les choix terribles qui s'imposent à l'enfant soldat. A travers ses aventures d'immigré clandestin, nous sont dévoilés dans toute leur absurde crudité les chemins de la drogue, du producteur de pavot à l'héroïnomane parisien.

Hubert Haddad nous offre un livre coup de poing. En poète, en homme libre, il sait que la littérature seule peut approcher la tragédie. Dernier fleuron d'une oeuvre encensée par le public et la critique, Opium Poppy résonne d'un lyrisme haletant, celui de l'urgence de l'engagement.

Mon avis:
Heureusement que je n'ai pas commencé ce roman dans l'optique de me remonter le moral!  Tout du long j'ai ressenti un grand sentiment de gâchis. Pas seulement face à ce jeune garçon dépouillé de tout, même de son prénom. Il n'a plus rien , plus de rêves, plus d'espoir, il avance pourtant mais comme une coquille vide.
Le roman commence dans un centre de jeunes réfugiés en France. De suite on est confronté à la violence, la violence que ces jeunes ont subie avant d'arriver dans ce lieu, la violence  qui continue à s'exercer insidieuse, naturelle presque , seule réponse connue .
Il prends par hasard le nom de son frère disparu. Sa vie se déroule devant nos yeux dans un incessant va et viens entre un présent sans futur et un passé qui mène peu à peu vers une issue inéluctable. 
Je suis allé voir à quoi ressembler les fleurs d'opium et il est effarant de voir qu'une chose aussi jolie puisse être la source de tant de désespoir et de malheur. 
En tant que petit paysan il cultivait le pavot pour le compte de gros caïd  avec cette pression des insurgés islamistes. Il a survécu en faisant la mule dans les villes.
Il a vu les conséquences de la radicalisation religieuse et perdue son seul espoir d'humanisation.
Il a été embarqué de forces dans des combats qui n'étaient pas les siens.
Je n'ai pas eut la sensation qu'il avait le choix, petit fétu de paille emporté par un courant bien trop fort.
Son arrivée en France aurait pu peut être le sauver mais le système n'est pas forcément capable de répondre aux besoins de ces gosses brisés. Et il continue encore et encore à tomber.
J'ai résister jusqu'au bout et n'ait pas lu la fin avant l'heure, ce qui est suffisamment rare de ma part pour que je le dise. 
J'ai particulièrement apprécié ce récit à deux temps où le passé et le présent se répondent, où l'un nourrit l'autre. J'ai pleuré sur Alam, le grand frère et le petit, celui qui essaie de vivre pour ce grand frère perdu.
J'ai crié face à cette situation qui ne peut laisser aucun espoir.
Je suis sortie lessivée de ma lecture, pas révoltée mais lassée face à ce qui existe encore aujourd'hui dans l'indifférence totale.


vendredi 25 janvier 2013

L'embellie d'Audur Ava Olafsdottir

Auteur: Audur Ava Olafsdottir, islandaise née en 1958
Bibliographie:
Rosa Candida
L'embellie
Editeur: Seuil
Prix: 22€
Genre: Contemporain

Mon avis: 
On suit une femme à part. Elle est en dehors d'elle, en dehors de son quotidien, en dehors de la norme. Elle parle plusieurs langues (chose qui me fascine moi qui en parle à peine une!), mais semble sourde aux autres. Par un concours de circonstances, elle, qui n'a jamais voulu être mère, va se retrouver avec la responsabilité d'un jeune garçon différent, sourd, malvoyant et en dehors. Ils vont tous les deux partir sur la Nationale I. Ils vont faire le tour de l'île sous la pluie et se découvrir peu à peu, s'apprivoiser.
J'ai beaucoup aimé l'héroïne. C'est vraiment une femme étrange, hyper intelligente mais aussi très naïve, notamment vis à vis des hommes (une oie blanche!). Elle prend tout avec distance, philosophie. Et pourtant c'est elle qui arrive à voir chez Tumi, le petit garçon, ce que nul n'a aperçut.
Ils se sont bien trouvé tous les deux. Deux extra-terrestres sur les terres d'Islande.
L'Islande , un pays étrange, minuscule où tous les habitants ont des liens de parenté et où les noms de famille n'existe pas, vous êtes "fille de" ou "fils de". Ce pays m'intrigue déjà mais la description qui en est donné, sauvage et amicale m'attire encore davantage.
Il est difficile de dire ce que l'on ressent à la lecture de ce roman. En tout cas je ne me suis jamais détaché de la prédiction de la voyante, cherchant chacun des présages, chaque signe. 
Tout au long du récit à la première personne il y a l'évocation des souvenirs de l'héroïne. Et si elle est une femme différente , elle était une enfant à part. Elle est à la recherche d'une partie de son passé autant que de son avenir.
Un personnage particulièrement trouble: son mari. Je comprends l'attrait qu'il a eut pour cette femme insaisissable et incroyable mais il reste un pauvre type. C'est pas moi qui le dit mais lui! Il est incapable de mettre les choses au clair et profites honteusement de l'héroïne et de son incapacité à relever la confrontation.
Ce n'est pas pour autant une victime! C'est juste qu'elle ne place pas ses priorités au même endroit que les autres! (Pas bien claire mon histoire!).
Bref! C'est un livre qui m'a plu parce qu'il m'a fait voyagé avec deux êtres d'exception, des êtres imparfaits mais qui frôlent le merveilleux!

4ème de couverture:
C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande par la route côtière.
En ce ténébreux mois de novembre islandais, exceptionnellement doux au point de noyer l’île sous les pluies et les crues, la narratrice, qui ne cesse de se tourner elle-même en dérision, voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper, pour au moins une saison, de son fils de cinq ans.
Pourtant la chance sourit à l’amie d’Audur : elle gagne un chalet d’été et une petite fortune au loto. À la suite de sa rupture, elle aurait préféré accomplir un voyage consolateur à l’étranger mais, bonne nature, elle est incapable de refuser quoi que ce soit à qui que ce soit, hommes ou femmes. Elle partira tout de même, pour un tour de son île noire, avec Tumi, le fils d’Audur, étrange petit bonhomme, presque sourd, mutique, et avec de grosses loupes en guise de lunettes.




Potes pour la vie d'Ingvar Ambjornsen

Auteur: Ingvar Ambjornsen, norvégien né en 1956
Bibliographie:
Elling
Potes pour la vie
Editeur: Gaïa
Prix 22€
Genre: Contemporain
Challenge: Le tour du monde en 8 ans

Mon avis:
Ah les pays scandinaves!!!! Leurs auteurs policiers et les autres.... J'ai une passion toute nouvelle pour les auteurs de littérature contemporaine. C'est peut être un hasard mais le peu d'auteur du Nord que j'ai lu ont cette petite touche de fantaisie incomparable. 
Car ici il s'agit d'un récit de vie, une vie banale mais sortant de l'ordinaire, le quotidien d'Elling. Le premier roman de l'auteur lui est sans doute consacré mais ma bibliothèque a une attrait sans limite pour les tomes 2 au détriment des 1. Pas d'inquiétudes, ça ne nuit en rien à la lecture, ou plutôt au plaisir de lecture. Car plaisir il y a .

Je déclare ici qu'Elling est mon frère, mon double. Moi aussi j'ai peur du téléphone, de la Porte et des Rues.Moi aussi je me fais des films au moindre brin d'herbe qui bouge.

Elling est un personnage hors norme, un peu de guingois. Il souffre d'inadaptation sociale et touche donc une allocation. Il n'est pas bête, loin de là , il est seulement à côté. 
Le récit nous permet de le découvrir, dans ses raisonnements, ses émotions, ses peurs, ses passions, ses amitiés. Parce qu'Elling n'est pas seul (et que quelque part nous sommes tous un peu, beaucoup névrosés). 
Il vit donc en collocation avec Kjell Barne (copain de chambrée et autre inadapté) sous la surveillance de Frank (employé par les services municipaux d'Oslo). Frank a des méthodes bien particulières mais plutôt efficaces pour délogés les deux berniques de leur rocher. 
Car petit à petit Elling et Kjell Barne vont sortir, de leur appartement et de leur coquille. Ils vont progresser mais aussi faire progresser les autres . Ils vont rencontrer la charmante voisine, le vieil habitué de bistrot claqueur de doigt, deux chatons. Ils vont vivre des aventures de toute sorte.
Elling n'est pas toujours sympathique mais il garde cette innocence rafraîchissante.
Ce récit est génial pour le moral. Un vrai baume pour le coeur! J'ai adoré tous les personnages, l'évolution de leur relation, leur volonté de s'intégrer tout en restant eux. Et l'ouverture d'esprit... Cette acceptation de la différence, cette acceptation DES différences!J'en veux encore!

4ème de couverture:
Ellin et Kjell Bjarne se sont rencontrés au "centre de cure et de convalescence" de Brooyne- bref, un hôpital psychiatrique. Epaulés par Franck, leur tuteur, ils prennent un appartement en ville et luttent pour faire leur grand retour dans la société. Mais leur champ de bataille est vaste. Apprivoiser le téléphone demande de l'apprentissage, sortir de chez soi est un combat ! Tous les quinze jours, Franck vient s'assurer que tout se passe pour le mieux. L'occasion d'une virée en ville entre potes, cinéma, pizzeria, la vie est belle !
Si Kjell Bjarne est un mufle qui ne pense qu'à la bouffe et aux filles, Elling est légèrement plus hyper nerveux.Les deux compères construisent un équilibre fragile : l'existence est effrayante mais supportable, à petite dose.
Un récit tragi-comique sur le fait d'oser descendre dans la rue et de se confronter à la vie du dehors.

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part d'Anna Gavalda

Auteur: Anna Gavalda, française née le 9 décembre 1970
Bibliographie:

Recueil de nouvelles

  • 1999 : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Le Dilettante 

Romans

  • 2001 : L'Échappée belle, France Loisirs  - éd. revue : Le Dilettante (novembre 2009)
  • 2002 : Je l'aimais, J'ai lu. 
  • 2004 : Ensemble, c'est tout, Le Dilettante, 
  • 2005 : À leurs bons cœurs, Cheminements,
  • 2008 : La Consolante, Le Dilettante,
Roman pour la jeunesse
  • 2002 : 35 kilos d'espoir, Bayard Jeunesse, 

Nouvelles

  • 2000 : Ceux qui savent comprendront, Le Grand Livre du mois, nouvelle de 64 pages, 
  • 2010 : Désordre et sentiments, France Loisirs, nouvelle de 72 pages, 
  • 2009 : « Nos petites écailles... », Revue L'écho d'Orphée, septembre 2009, no 2 « Femme ? ».
  • 2004 : « Happy Meal ». Nouvelles à chute, Collectif. Paris : Magnard, juin 2004. (Classiques & contemporains. Collège-LP, no 59). 
  • 2001 : « La Moitié d'un confetti ». In Jardins d'enfance, anthologie dirigée par Clausse Cohen. Paris : Le Cherche-Midi, novembre 2001, p. 109-121. 
Editeur: J'ai lu
Prix: 5€
Genres: Nouvelles, contemporain
Challenges: New pal 2013, Chez Frogzine( janvier: nouvelle)

Mon avis:
La nouvelle c'est le speed dating du roman. Quelques pages pour vous séduire, ça passe ou ça casse. Et là pour moi ça casse! Je n'ai pas détesté mais la plupart des nouvelles ont fait flop! Elles ne sont pas réussies à imprimer ma rétine.
J'en ai quand même appréciée certaines, c'est l'avantage d'un recueil de nouvelles, on fait son marché, je prends - je prends pas.
La première: l'histoire de cette femme trop exigeante dans ses choix amoureux, qui s'attache au détail et se rends finalement compte que cela risque de l'entraîner vers la solitude.
L'histoire de la femme enceinte m'a particulièrement touchée. Bien écrite avec ce qu'il faut de sentiments.
Le jeune homme qui revient de permission lors de son service militaire et qui est confronté à ses souvenirs de vacances et à l'image du frère aîné "plus mieux"
Et enfin l'épilogue: drôle, drôle, drôle. L'auteur s'y mets en scène et c'est délicieux!

Pas grand chose en somme! Je suis déçue car j'avais été séduite par "Ensemble, c'est tout". Du coup j'ai relu ma chronique, j'avais peur de m'être fourvoyée, de mal me souvenir de ce roman! Mais non j'ai aimé! Il me faudra donc en lire plus pour savoir si cet attrait était un accident ou pas.

4ème de couverture:
Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences.






La jouissance de Florian Zeller

Auteur: Florian Zeller, français né le 28 juin 1979
Bibliographie(romans):
  • 2002 : Neiges artificielles, Flammarion (Prix de la Fondation Hachette)
  • 2003 : Les Amants du n’importe quoi, Flammarion (Prix Prince Pierre de Monaco)
  • 2004 : La Fascination du pire, Flammarion (Prix Interallié)
  • 2006 : Julien Parme, Flammarion
  • 2012 : La Jouissance, Gallimard
Editeur: Gallimard
Prix: 16;90€
Genre: Contemporain

Mon avis:
La jouissance est un roman déroutant, j'ai eu l'impression d'être face à un documentaire. Le style pourrait être ennuyeux mais il m'a passionnée de la première à la dernière ligne. Il y a une certaine distance face à l'évocation de cette relation amoureuse (des plus banales il faut le dire!) mais aussi une certaine curiosité. Tout au long du récit l'auteur fait le parallèle avec l'histoire européenne, histoire politique et culturelle. Les rapprochements ainsi évoqués paraissent évidents et je me suis trouvé bête de ne pas y avoir songé avant.
Les protagonistes évoluent dans un milieu privilégié et urbain. Détails importants quand on voit leur réaction face à l'engagement ou leur relation. L'infidélité est une donnée constante voir normale. Et la vision de l'enfant est un brin cynique. 
Par contre les différences hommes-femmes, notamment vis à vis de la rupture amoureuse sont évoquées et réalistes. Un homme quitte pour quelqu'un d'autre , une femme quitte tout simplement (attention il y a toujours des exceptions!).
La distance dans le récit ne m'a pas permis de m'attacher outre mesure aux personnages. J'ai suivi leur parcours avec intérêt mais sans me sentir concernée outre mesure.

Je pense lire d'autres romans de cet auteur pour me faire une idée plus juste de son style. Ici il est original, déroutant j'aimerai savoir si c'est le roman ou l'auteur.

4ème de couverture
L'histoire commence là où toutes les histoires devraient finir : dans un lit. Nicolas vit depuis deux ans avec Pauline, ce n'est donc pas la première fois qu'ils se retrouvent l'un en face de l'autre et qu'elle lui fait un sourire équivoque en lui prenant la main. Ce sont des gestes qu'ils connaissent par coeur, des gestes qui peuplent le territoire des choses familières et rassurantes.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose d'inédit se produit. Il est allongé sur le dos et Pauline, qui vient de retirer son soutien-gorge, ferme légèrement les yeux, comme elle a l'habitude de le faire quand le plaisir commence sa douce anesthésie du monde. Soudain, la couette se soulève, et une troisième tête apparaît.

mardi 15 janvier 2013

Moi et toi de Niccolo Ammaniti

Auteur: Niccolo Ammaniti, italien, né le 25 septembre 1966
Bibliographie:
  • 1999, Branchies, Éditions du Félin, 
  • 2001 Et je t'emmène, Grasset, 
  • 2002 Je n'ai pas peur, Grasset,
  • 2008 Comme Dieu le veut, Grasset, 
  • 2011 La fête du siècle, Laffont,
  • 2012 Moi et toi, Laffont,
Nb de Pages: 151
Editeur: Robert Laffont
Prix:15€
Genre: Contemporain 

Mon avis: 
Un roman court mais dense où comment la rencontre d'une soeur paumée va sauver un garçon de sa solitude.
Lorenzo est un jeune garçon qui vit à côté des autres. Incapable de s'intégrer à un groupe, voir de se faire un seul ami, il va créer un mensonge et se retrouver pris au piège de ses propres illusions. Pour continuer encore un peu la mascarade il va se terrer dans la cave de son immeuble. Sa demi-soeur Olivia va alors venir rompre cette solitude. A grands coups violents elle va réussir là où les autres avaient échoué. Lorenzo va peu à peu s'humaniser, s'ouvrir, et de ce fait souffrir.
Lorenzo est surtout "à côté" par peur de souffrir. Il ne conçoit les relations aux autres que comme des relations conflictuelles, des rapports de force. Même s'il prétend ne pas vouloir appartenir à un groupe secrètement il voudrait être normal mais ne sait pas comment faire. On le découvre par touche de souvenirs, ces choses qui l'ont marqué, ces gens à qui il tient.
Olivia est une tempête, elle est mal et destructrice, pourtant on devine chez elle des réserves d'humanité. Elle veut se relever et la rencontre avec ce frère froid et un peu brute va être la béquille sur laquelle elle va s'appuyer.
L'action ne se déroule que sur une petite semaine, une semaine où tout change. Lorenzo apprends à dompter ses sentiments, je dirais même qu'il se permet d'en ressentir. Il se prépare à la perte de sa grand-mère. Cette grand-mère que l'on aurait aimé découvrir un peu plus. Une grand-mère complice et amie, mais aussi une vieille personne malade.
J'ai trouvé qu'il y avait de l'humour dans ce livre, de la tendresse aussi et un peu de dureté. On voit évoluer Lorenzo et ça fait du bien. On s'attache à Olivia et on attends comme Lorenzo à sa table de café les retrouvailles dix ans plus tard.
La fin est touchante mais j'aurais aimé un joli mensonge plutôt que la réalité, car elle est réaliste! 

4ème de couverture:
 Depuis toujours, Lorenzo est l’un de ces enfants que l’on dit « différent ». Selon le professeur Masburger, le psychiatre auquel il a été confié tout jeune, il souffre d’un sentiment hypertrophique de soi, un dérèglement narcissique, un « ego grandiose ». Conséquence logique : il est en perpétuelle inadéquation avec le groupe, et ce depuis son entrée à l’école. Ses parents s’en trouvent totalement démunis. Les années passant, de peur de chagriner une maman qu’il aime plus que tout, Lorenzo choisit alors la fiction. À quatorze ans, il fait semblant d’avoir des amis, de s’intégrer, de jouer dans l’équipe de football de son collège. Ainsi il parvient à la fois à la rassurer et à se prémunir de la violence que les adolescents testent sur les plus faibles.
Le jour où il monte tout un stratagème pour faire croire qu’il a été invité à partir skier à Cortina avec trois camarades de classe, il vise au pur chef-d’œuvre mythomane. Mais, s’il s’est montré à la hauteur du défi – en préparant méthodiquement de quoi tenir un siège au fond d’une cave abandonnée –, il n’a pu cependant imaginer qu’une lointaine demi-sœur bousculerait tous ses plans. Émaciée, épuisée, en pleine crise de manque, elle pense, elle aussi, se dérober au regard des autres en se réfugiant justement dans cette cave. Cette cohabitation forcée, ce refuge de fortune qu’ils vont partager dans des conditions difficiles, fera voler en éclats les faux-semblants dont ils ont chacun paré leurs vies. Ouvrir ses bras pour y accueillir quelqu’un donne le sentiment à Lorenzo d’exister, d’être nécessaire à la vie des autres, et donc à la sienne. Confronté au regard de ce demi-frère inconnu, Olivia doit elle aussi se livrer à un examen de conscience et se dévoiler. Entre eux, qui ont triomphé secrètement d’une terrible épreuve, se crée un lien indéfectible et se noue la promesse mutuelle d’un retour à la vie. Oui, mais…
 
 

vendredi 11 janvier 2013

Seul le silence de RJ Ellory

Auteur : RJ Ellory, auteur britannique né le 20 juin 1965
Bibliographie:
2009: Seul le silence
2010: Vendetta
2012: Les anonymes
2012: Les anges de New York
Editeur: Le livre de poche
Prix: 7.50€
Nombre de pages: 602
Genres: Contemporain, thriller

Mon avis:
Le roman tourne autour de Jodeph Vaughan, du jeune garçon à l'adulte. C'est un récit de vie mais pas seulement car Joseph a la malchance d'évoluer dans une petite ville , Augusta Falls en Géorgie, où sévit un tueur en série. Un tueur de petites filles qui plus est. Il connaît les victimes, petites camarades de classe. Une fois adulte , il va devenir écrivain et être à nouveau confronté à la mort violente. Après un séjour en prison il partira en quête de son passé afin de solder les comptes.

RJ Ellory mêle deux genres très différents. J'ai autant apprécié lire la vie de Joseph que tout ce qui tourne autour des meurtres. Le héros surmonte les obstacles, quoique pas toujours. Ce n'est pas un superhéros mais il se construit ou déconstruit avec les cartes que lui donne la vie. Il grandit avec en toile de fonds la seconde guerre mondiale. Détail qui à son importance car il influe sur les mentalités de cette petite ville américaine.
On ne peut pas parler d'une enquête sur les meurtres. Ils ponctuent l'ensemble du récit mais la recherche du coupable n'intervient qu'en fin de course. Et son identité est des plus inattendues. Par contre on voit bien les conséquences de ces meurtres sur la vie d'un jeune garçon. Il va vouloir réagir, agir, ne plus être témoin, passif. En tant qu'adulte il va subir de plein fouet cette violence. C'est par l'écriture qu'il va chercher à surmonter sa douleur, l'injustice. Mais il ressortira brisé de l'expérience et cherchera alors à comprendre "pourquoi lui?".

Si Joseph est le héros les personnages secondaires sont également très importants. Ainsi sa mère Mary Vaughan qui a la suite du décès prématuré de son mari doit se reconstruire. Elle évoque bien les difficultés pour une femme de se débrouiller seule à cette époque et dans un tel lieu. Elle évoque aussi les affres de la solitude et les solutions pas toujours adéquates pour y remédier.
A l'inverse l'institutrice de Joseph, Alexandra Webber, est une jeune femme indépendante, volontaire, suivant ses désirs. Elle va jouer un grand rôle dans la vie de Joseph et servir de référence pour juger les femmes.
Le voisin et ami, Gunther Krueger, d'origine allemande, aisé, il va servir de soutien à Joseph et sa mère après le décès du père. Il va subir les conséquences de la seconde guerre mondiale.
Le Shérif Haynes Dearing sera le premier à mener l'enquête sur les meurtres les premiers ayant lieu dans son conté. Il devra ensuite collaborer avec d'autres shérifs le tueur élargissant son champ d'action. Il est obnubilé par cette affaire. En tant que représentant de l'ordre d'une toute petite bourgade il joue un grand rôle dans la vie de ces habitants. Il les connaît et participe à leur vie, les oriente dans leurs décisions.

Ce livre nous fait voyager d'une petite ville à New York. Brooklyn et son foisonnement d'artistes va permettre à Joseph de se découvrir en tant qu'écrivain. Cette ville va aussi marquer une rupture avec sa vie d'avant. Mais c'est aussi là qu'il va irrémédiablement plonger. Son incarcération à la prison d'Auburn est terrifiante. On nous décrit les conditions de détention inhumaines, les abus des surveillants. Il est incroyable qu'il ait pu survivre à cela, mais on comprend pourquoi il en sort complètement traumatisé.

RJ Ellory a un style vraiment agréable à lire. On s'attache au personnage. On tremble pour lui, on espère , on pleure. C'est un thriller mais pas seulement!

4ème de couverture:
Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient... Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.

lundi 31 décembre 2012

Numéro six de Véronique Olmi

Auteur: Olmi Véronique
Editeur: Acte sud
Genres: Drame, contemporain
Challenge: A vos nombres

Mon avis:
Fanny est une enfant arrivée sur le tard, la sixième, la dernière. Elle est en décalage avec sa famille comme une invitée un peu importune. Il s'agit ici de lettres ou d'un journal intime qu'elle écrit pour son père. Ce père de qui elle a toujours voulu être aimé. Ce père qui a fait 14-18 et en est sorti fragilisé.
On la découvre elle mais aussi cet homme qui n'a pas su aimé sa fille.
Cet échange est à la fois douloureux et touchant. 

4ème de couverture:
La famille Delbast est catholique.
Cinq frères et sœurs précèdent Fanny. A sa naissance son frère aîné a vingt ans. Dans cette fratrie, sa place est illusoire, son enfance est occultée, son identité le plus souvent réduite à un numéro pour éviter la confusion des prénoms. Petite fille solitaire, Fanny adore son père, mais il ne la voit pas. Trop de choses les séparent, trop de vie, de retenue aussi. M. Delbast est médecin. Il est de ceux qui ont fait la guerre, la première, et pour Fanny qui, adulte, récupère ses lettres envoyées du front, c'est encore l'occasion de réinventer ce demi-dieu.
A cinquante ans, Fanny parviendra-t-elle à prendre sa revanche, pourra-t-elle exiger le regard de son père ? Après Bord de mer, Véronique Olmi aborde de nouveau le thème de l'amour filial avec une sensibilité remarquable. Mais, à travers la figure du père, c'est aussi de la bourgeoisie catholique qu'il est question ici, et de l'insidieuse violence par laquelle ce monde bien-pensant est capable de verrouiller la vie d'une enfant.

Au bonheur des ogres de Danniel Pennac

Auteur: Daniel Pennac
Editeur:  Folio
Genre: Contemporain
Challenges: Big challenge et baby contemporain

Mon avis:
Je l'avais lu étant jeune et pas aimé. Je le relis vieille et j'ai apprécié. Déjà parce que j'ai compris le jeu de mots du titre et l'absurde de la situation de Malaussène.

Il s'agit du premier tome de la saga Malaussène. Ce dernier est "bouc émissaire" et cette fonction lui va comme un gant. Il travaille dans un grand magasin où règne une armée de vieillards abandonnés. Le reste du temps il s'occupe de ses frères et soeurs laissés à sa charge par une mère-enfant un peu volage. Il attire les coups et les ennuis et pourtant il est sympathique car touchant et maladroit.
Il va être mêlé à une terrible histoire d'attentat à la bombe dont les racines s'enfoncent loin dans le passé.
La police va trouver opportun de le suspecter en raison de sa présence directe ou indirecte lors des morts.

Danniel Pennac a un style bien à lui, pas forcément évident mais pas non plus particulièrement difficile.

4ème de couverture:
Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël.
Côté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don...

samedi 29 décembre 2012

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Auteur: Carlos Ruiz Zafon, espagnol, né le 25 septembre 1964
Bibliographie: 2004: L'ombre du vent
                        2009: Le jeu de l'ange
                        2011: Le prince de la brume
                                  Marina
                        2012: Le prisonnier du ciel
                                  Le palais de minuit
                                  Les lumières de septembre
Editeur: Le livre de poche
Nombre de pages: 637
Prix: 4.60€
Genre: Contemporain
Challenges: Baby contemporain, Big challenge, Pal à 0

Mon avis:
Un voyage magique dans les rues de Barcelone

L'intrigue: Tout commence avec l'initiation d'un jeune garçon ,Daniel, qui va découvrir la bibliothèque des livres oubliés. Lieu magique et mystérieux où il va prendre possession d'un ouvrage "l'ombre de vent" de Julian Carax. Très vite ce roman et cet auteur vont l'intriguer et il va chercher à en percer les mystères. On s'intéresse autant à l'histoire de Daniel qu'à celle de Julian. Elles semblent se répondent l'une et l'autre.

Les personnages: Daniel Sempere, fils de libraire, il est entouré de livres et passionné par eux. Il est subjugué par "l'ombre du vent" et son auteur et va chercher par tous les moyens de savoir ce qu'est devenu l'auteur du livre et pourquoi un fou cherche à détruire toutes les traces de l'existence de celui-ci. Mais Daniel , d'enfant devient jeune homme et est confronté aux affres de l'amour. Il tombe amoureux, souffre, il est heureux. Il est persévérant malgré le danger qui l'entoure et l'étau qui semble se resserré au fur et à mesure de son enquête.
                            Fermin: vagabond marqué par son emprisonnement dans les geôles du régime. Il est entouré de mystères. Il a une grande gueule et un grand coeur et va seconder de façon admirable le jeune Daniel dans son enquête.
                           Julian Carax, auteur incompris et mal aimé il déchaîne les passions de ceux qui le connaissent. On le découvre petit à petit au fil de l'enquête. Son histoire est poignante et pleine de rebondissements.
                          Fumero: voilà un personnage qui porte bien son nom car c'est un vrai f.... Il est cruel, bête , sans pitié. Il semble être partout , tout le temps c'est effrayant!
Il y a d'autres personnages touchants mais ceux-là sont ceux qui m'ont le plus marquée.

Les lieux: Je comprends fort bien pourquoi on a édité des guides touristiques suivant ce roman. Je regrette de ne pas connaître Barcelone! On fait également un petit tour à Paris mais le lieu le plus présent reste Barcelone. A noter la bibliothèque des livres oubliés, lieu magique que je reverrai de découvrir! 

Le style de l'auteur: un mot Magique. Il mêle plusieurs genres, amours, aventures, enquêtes. On ne s'ennuie pas une minute.

4ème de  couverture:
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent.

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan



Auteur: Delphine de Vigan, française, née le 1er mars 1966
Bibliographie: 2001: Jours sans faim
                         2005: Les jolis garçons
                         2005: Un soir de décembre
                        2007: No et Moi
                        2008: Sous le manteau (ouvrage collectif)
                        2009: Les heures souterraines
                        2011: Rien ne s'oppose à la nuit
Editeur : J.C Lattes
Nombre de pages: 437
Prix: 19.30€
Genres: Contemporain, biographie
Challenges: Big challenge, baby contemporain

Mon avis:
J'avais beaucoup aimé son premier roman et celui-ci ne m'a pas déçu. Delphine de Vigan nous parle de choses très intimes sans pour autant nous donner l'impression d'être des voyeurs!

L'intrigue: Delphine de Vigan a écrit ce livre à la suite du suicide de sa mère. Pourtant même s'il y a de la tristesse, de la douleur, de l'obscurité il y a aussi des moments de bonheur et de lumière. Je n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation des souvenirs d'enfance, à l'importance des lieux, à l'imaginaire familiale. Bien que ce livre soit sur sa mère j'ai eu l'impression de découvrir l'auteur, car la façon dont l'on perçoit les autres dévoile plus de nous que d'eux.

Les personnages: Lucile: Elle est la mère de Delphine de Vigan, très belle enfant, très belle femme mais surtout meurtrie, blessée. Je n'ai pas eu l'impression de la découvrir directement mais plutôt par l'empreinte laissée sur les autres. 
                            Delphine, l'auteur, la narratrice mais aussi un personnage à part entière. Le récit glisse de sa mère à elle. Elle raconte sa mère, elle raconte sa vie, elle raconte son travail d'écriture. C'est surprenant au départ ces passages du récit à l'introspection de l'écrivain. Elle nous fait partager ses sentiments lors de la rédaction et ça éclaire le récit d'une autre lumière.
                            La famille, les autres: Delphine comme Lucile s'inscrivent au milieu d'un ensemble complexe. Elle décrit de façon formidable les relations dans la famille, cette part de légende (nous en avons tous), les lieux emblématiques (là aussi je me suis rappelé des lieux de mon enfance) qui deviennent des époques, des non-dits... Sa famille est aussi marquée par la douleur, les pertes. Ce n'est pas une famille idéale loin de là. Et pourtant tout n'est pas ténèbres! 

Le style de l'auteur: Pour l'instant je n'ai pas lu de roman purement imaginaire de Delphine de Vigan (bonne résolution 2013!), mais pour ce qui est des récits de vie, elle me prends à l'âme. Il est difficile de décrire ce que l'on peut ressentir à la lecture de ce roman. Je peux juste dire qu'il est beau!

4ème de couverture:
« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

mercredi 21 novembre 2012

Darling River de Sara Stridsberg

Nombre de pages: 332
Auteur: Stridsberg Sara
Editeur : Le livre de poche
Genre: Contemporain
Partenariat avec Livraddict et les éditions du Livre de Poche.
Concours MyBooks

Merci aux éditions du Livre de Poche pour cette lecture.

4ème de couverture:
Variation autour du thème de Lolita, Darling River survole le destin de quatre personnages : Lo, l’éternelle enfant, qui parcourt les routes avec son père à bord d’une vieille Jaguar, sous les lueurs d’incendies de forêts et à travers un paysage apocalyptique. Dolorès Haze, la Lolita de Nabokov, dont Sara Stridsberg imagine ici la fin. Une femelle chimpanzé du Jardin des Plantes, à qui un scientifique cherche à apprendre le dessin.
Et une mère qui erre, seule, sur les autoroutes entourant la ville ; peut-être celle que recherchent désespérément Lo et son père ?

Mon avis:
Cette lecture m'a fait penser à une ballade dans un brouillard épais. Je sais que je peux respirer mais à chaque pas je suffoque sure que cette bouffée d'air sera la dernière.
 Il y a une tension, une angoisse, une violence incroyable dans ce petit roman(par la taille non par le récit).

Chaque personnage semble être un écho des autres. J'ai du tenir mon esprit en brides, cherchant à les lier, les relier, les situer les uns par rapport aux autres. Mais l'auteur brouille les pistes, par un mot , un contexte, une ambiance...
J'ai eut l'impression d'être perdue et pourtant il y a des références géographiques, Paris, l'Alaska, l'Europe... Mais ces lieux décris par les personnages semblent hors réalité, tout comme l'époque. On ne sait qui à la préséance, qui cohabitent avec qui...
J'avais reproché à Lolita de Nabokov de nous parler de Dolores que du point de vue de Humbert Humbert, et donc de nous priver de sa réalité à elle. Ici ce sont les femmes qui parlent (je reviendrai plus tard sur le cas de la femelle chimpanzé, qui vivent...
Tout d'abord Dolorès de Darling river.Enfant blessé par la disparition précoce et inexpliquée d'une mère. Un père étrange, voir pervers... J'ai eut l'impression d'un monde apocalyptique. A la fois à l'extérieur et à l'intérieur. Les paysages incendiés se reflètent sur le corps taché de Dolores. La mort et la maladie sont partout. Tout est corrompu. Elle ne semble pas avoir d'âge précis, de but précis, d'existence réelle...
Ensuite Dolorès Haze, celle de Nabokov, mais pas forcément la première de ce récit. On la suit après que son beau-père, Humbert humbert, lui ait donné l'argent qui lui permet de partir pour l'Alaska avec son mari Richard. C'est plutôt une fuite qu'un voyage vers une destination. Elle apparaît comme fragile mais aussi étrangère à elle-même.Elle se fuit, elle fuit son avenir de mère, son passé.
Une mère et non LA mère. Ce pronom indéfini jette le trouble sur qui elle est. Peut être la mère d'une Dolorès, peut être une Dolorès plus vieille en fuite... Ici aussi on retrouve cette notion de fuite, de négation de soi, d'oubli. Ici aussi l'histoire est cruelle, crue, dure, sans pitié.Elle se perd dans les voyages, dans la photographie, dans le sexe.
Enfin un petit mot sur Ester la femelle chimpanzé aux prises avec un scientifique détraqué. Ici c'est lui qui parle. C'est peut être moi mais j'ai eut l'impression de me retrouver dans la trame de l'histoire du Lolita de Nabokov. C'est peut être voulu ou ce n'est peut être que mon impression. Mais ce scientifique qui cherche à modeler cette chimpanzé selon son désir, qui par son regard même la corromps, qui l'aime mal mais qui l'aime, qui va chercher avec une autre la délivrance physique, qui geint m'a fait penser à Humbert. Cette jeune femelle qui se trouve dépossédée de ce qu'elle est, de qui elle est, obligée d'endosser un rôle qui n'est pas le sien me semble être la soeur de Dolorès, des Dolorès.
L'auteur a un style prenant. Prenant parce qu'on ne s'arrête pas avant le point final. Prenant parce qu'il retourne jusqu'aux tripes, parce qu'il ne laisse pas indemne.
J'ai apprécié les répétitions au cours de la lecture, ces impressions de déjà vu. Ces "Darling", les lys, l'enfant... Autant de petites choses qui augmentent la sensation d'écho, de similitude. J'ai aimé me perdre dans cette noirceur pour une fois le livre fini retrouver un peu de lumière.
Un petit plus avec l'Encyclopédie qui émaille le récit. Des définitions bouleversantes mais tellement parlantes.

dimanche 18 novembre 2012

C2H4O2 de Condie Raïs

E-pub (disponible au format kindle sur Amazon à 2.98€)
Auteur: Raïs Condie
Editeur: Raïs Condie
Genres: Nouvelles, Contemporain
Partenariat Livraddict avec Condie Raïs
Challenge: A vos nombres

4ème de couverture:
Une sociopathe qui tue tous ceux qu’elle touche, un frappadingue qui veut réussir dans le roman sentimental, une stagiaire subissant un harcèlement d’un nouveau genre, une dingue qui pense que John Wayne est toujours vivant, une petite fille inquiétante, un gigolo qui picole comme un trou, une femme humiliée et des philosophes néo-kantiens qui s’étripent… Tels sont les personnages de ces huit nouvelles dans lesquelles on oublie souvent que boire et fumer nuisent dangereusement à la santé. Maneater Pars vite mais ne reviens pas trop tard… Harcèlement Éloge de John Wayne La petite fille qui n’aimait pas Noël Décadences Prospérine la louve Métaphysique des mails

Mon avis:
Merci à Livraddict et à Condie Raïs, beaucoup d'humour dans ces petites nouvelles, un plaisir de lecture par temps de grisaille. Mon seul regret: Ne pas savoir ce que deviennent notre jeune sociopathe et Condie Raïs. Et oui l'auteur se met en scène, elle et d'autres auteurs (leurs noms ont été changés pour des raisons d'anonymat).
Les trois premières nouvelles ont un fil conducteur des plus étranges mais qui m'a fait sourire.
Maneater: J'ai aimé le concept de cette héroïne serial killeuse malgré elle et qui fini par l'assumer. J'ai aimé son caractère, mordant et réaliste. J'ai regretté de ne pas la suivre plus longtemps. Quelle histoire! Quelles possibilités!
Pars vite mais ne reviens pas trop tard...: Au départ je me suis demandée où voulait en venir l'auteur. Et le récit prends un virage avec l'entrée de la voisine. Cette voisine bien mystérieuse, troublante. Où part elle? Pour qui travaille t elle? Ses chats sont ils des sociopathes? Ici on découvre les affres de l'écrivain face à la page blanche. Certes la solution adoptée par Marc, le héros (mais est ce vraiment lui le héros de cette nouvelle?), n'est peut être pas la plus courante!
Harcèlement: Gros éclats de rires!! Là aussi j'aurai aimé connaître le destin d'Isabelle. Parviens t'elle à ses fins avec l'autre! Arff, Arff! J'imagine bien les titres des journaux! Ici beaucoup d'allusions aux auteurs contemporains, pas forcément tendre mais férocement drôle! On retrouve la chère voisine de la deuxième nouvelle. Et ce personnage devient encore plus mystérieux! Je ne peux en dire plus sans gâcher la surprise de la nature du harcèlement! 
Eloge de John Wayne: Pas forcément ma préférée mais pour ma défense je suis une bille en westerns, donc je suis passée à côté des références. Par contre j'ai aimé la chute et le mode de raisonnement. Ah la magie de l'esprit humain!
La petite fille qui n'aimait pas Noël: Ici on suit une petite fille qui voit ses parents sombrer dans la mélancolie et l'alcoolisme. Au bout d'un moment la fin devient prévisible! Moins d'humour que dans les autres nouvelles mais une vision assez juste des relations parents-enfants.
Décadences: Là par contre je me suis laissée avoir par la fin. On suit un gigolo, employé par un mari pour coucher avec sa femme et participer à des parties fines. Vous trouvez ça glauque! Le pire vient avec la fille de ce couple. Elle a quatorze ans et pose problèmes. Et bien nos amis aux moeurs dépravés demandent au gigolo de parler à la jeune fille. C'est une descente dans un univers sordide et illogique. Ces parents demandent à leurs enfants d'avoir des valeurs et des comportements que eux n'ont pas. Et ces braves gens s'étonnent que les gamins les renvoient dans les cordes. 
Prospérine la louve: Prospérine vit dans un village pendant la seconde guerre mondiale, elle est amoureuse, elle a couchée, elle est enceinte. Gros problème le monsieur est un soldat allemand. Tout commence avec l'humiliation publique de Prospérine . L'histoire est contée de son point de vue. Et on découvre que ces parangons de vertu sont loin d'être de blanche colombe. Suite à un enchaînement d'évènements Prospérine revient au village... Ce récit m'a émue, parce que Prospérine est une femme blessée. Certes elle a une réaction un brin excessive, surtout vers la fin, mais elle a un mode de pensées logique...
Métaphysique des mails: ou l'art de faire dégénérer une situation. Qui n'a jamais vécu cela! Un message suivi d'une réponse avec une interprétation pas forcément juste et une escalade jusqu'à l'explosion finale, avec le dernier coup en douce...

J'ai eu une grosse préférence pour les nouvelles où l'humour règne. Condie Raïs à une plume incisive mais elle met en lumière les travers de notre société. Je radote mais je me suis bien marrée!

mercredi 7 novembre 2012

Lolita de Vladimir Nabokov

Nombre de pages: 470
Auteur: Nabokov Vladimir
Editeur: Gallimard
Challenge: ABC 2012

Mon avis:
Mouaif! Je ne peux pas dire que j'ai été choquée! Plutôt ennuyée! Si j'ai lu avec application le début très vite j'ai pratiqué" la lecture en diagonale". Le sujet en lui même est choquant: La pédophilie, racontée par un pédophile en plus.
Mais il faut le dire Humbert Humbert est certes un pervers mais surtout un geignard imbu de sa petite personne. Il m'a été antipathique plus par son caractère que par ses penchants (même si ceux-ci le rendent déjà fortement antipathique). On découvre toute l'histoire de son point de vue, avec ses mots, son style, ses idées...
La jeune enfant qu'est Dolores apparaît forcément par le prisme du pervers. Certes elle n'est pas forcément innocente. Mais ceux qui se passent entre des enfants du même âge n'a rien à voir avec l'influence que peut avoir un adulte, surtout si celui-ci profite de circonstances favorables pour lui et défavorables pour sa victime. Pour moi elle est une jeune fille qui manque de chance. La relation qu'elle a avec sa mère est étrange. Cette dernière regrette un fils disparu et cristallise sur sa fille des ressentiments qui n'ont pas lieu d'être. Elle la voie comme un obstacle à son accomplissement personnel. Cette insécurité émotionnelle ébranle de suite les fondation de l'identité de Dolores. Ses expériences avec la sexualité vont finir de saper le tout. C'est une longue descente aux enfers...Pour elle et pour nous! 
C'est bien écrit mais le narrateur est tellement ... Chiant. Il n'est même pas un méchant digne de ce nom. Il oscille entre l'autoflagellation mais en réussissant à se dédouaner de toute responsabilité (ce qui relève du prodige) et il passe son temps à se regarder le nombril. Son acte final est le reflet d'un orgueil outragé...
C'est définitivement un mouaif pour cette lecture, qui était en fait une relecture mais à l'époque j'étais jeune...

4ème de couverture:
Humbert Humbert est en prison pour meurtre. Il raconte tout ce qui l'a conduit jusqu'ici, de son enfance avec son premier amour à sa rencontre des dizaines d'années plus tard avec Dolorès Haze une "nymphette" de 12 ans. Humbert est subjugué par la jeune fille et accepte même d'épouser la mère de Dolorès pour rester près d'elle. Jusqu'au jour où la "Grosse Haze" comme la surnomme Humbert découvre la vérité et meurt accidentellement. Commence alors un long voyage en tête à tête entre Humbert et l'adolescence.

lundi 8 octobre 2012

Dieu est un pote à moi de Cyril Massarotto

Nombre de pages: 214
Auteur: Massarotto Cyril
Editeur: Pocket
Genre: Contemporain
Challenge: A vos nombres

Mon avis:
Voici un petit livre étrange où chaque page apporte soit des rires, des pleurs ou des sourires. Le héros devient le meilleur ami de Dieu. Il pourrait profiter de la situation mais c'est une véritable amitié qui naît entre ces deux êtres.
Le héros est une jeune homme au lourd passé, orphelin, il travaille dans un sex-shop. Un beau jour il fait la connaissance de Dieu avec qui il va nouer une relation bien particulière. En parallèle il continue sa petite vie de simple mortel. Il va aimer passionnément une femme Alice. Il connaîtra les joies et les peines qui découlent de l'amour. J'ai aimé le caractère de ce personnage, drôle, sensible.
Il éprouve pour Alice un amour véritable et passionnel. Un amour qui transcende tout, plus important que tout. Et comme tout ce qui est absolu cet amour à un revers de la médaille fort douloureux.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Dieu. Et au delà l'image de la religion, de la foi que décrit l'auteur. Ce Dieu n'est qu'Amour et il se moque d'être adoré ou même respecté. J'ai aimé le fait qu'il ressente dans sa chair (si on peut dire!) toutes les émotions ressenties par les mortels. C'est une ode à la tolérance. Ce Dieu ne juge pas, ne punit pas. Il a de l'humour et une grande empathie.
Alice, l'amoureuse du héros, est une jeune délicate et intelligente, sensible. 
René, patron du sex-shop et ami du héros, brute au grand coeur, ami étrange présent quand il faut.
Il est difficile de commenter ce livre sans trop en dire et gâcher le plaisir de la lecture. Il se découvre facilement page après page, riche en émotion, un véritable coup de coeur!

4ème de couverture:
L'un a une barbe de quelques jours, l'autre de millions d'années. L'un vit sur terre, l'autre dans les nuages. L'un est vendeur dans un sex shop, l'autre a un métier qui réclame le don d'ubiquité. L'un n'a pas beaucoup d'amis, l'autre aimerait parfois se faire oublier d'eux...Vous ne voyez toujours pas de qui il s'agit? Et si Dieu avait décidé de faire de vous son meilleur ami?

dimanche 26 août 2012

L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery

Nombre de pages: 410
Auteur: Barbery Muriel
Editions: Folio
Genre: Contemporain

Mon avis:
Deux récits parallèles, deux personnages qui se croisent, liés par leur intelligence hors norme et par une conscience exacerbée du monde qui les entoure.
L'histoire se passe de nos jours, dans un coin huppé de Paris. Le 7 rue de Grenelle est un immeuble cossu peuplé de privilégiés et d'une concierge. Une cohabitation des classes sociales... On découvre l'intérieur de certains des habitants et celui, très important de Madame Michel, la concierge. 
Madame Michel, Renée de son prénom, est une concierge quinquagénaire. Elle donne l'apparence d'une femme pauvre, culturellement et économiquement. Elle cherche à se rendre transparente. Mais il ne s'agit que d'un leurre. Madame Michel est un personnage d'une rare profondeur. Elle a une richesse intérieure incroyable. C'est un plaisir de lire ses pensées. C'est une autodidacte de la réflexion. Une âme sensible, lucide et généreuse.
Paloma Josse appartient à une famille aisée et pourtant... C'est une gamine intelligente mais profondément mal dans sa peau car incomprise par sa famille. Elle nous livre un portrait sans concession de cette dernière. Elle est sévère dans ses jugements et pourtant si attachantes.
Kakuro Ozu, un vieux monsieur japonais qui en reprenant l'appartement d'un propriétaire décédé va chambouler l'ordre établi. Il est éloigné des conventions sociales. Pour lui seul l'esprit compte et non les apparences. Il a une délicatesse et une finesse qui font paraître les autres un peu balourd.
Manuela est une femme de ménage espagnole. Elle travaille au service de certains propriétaires et est amie avec Madame Michel. Décrite par Renée comme "une aristocrate du coeur". Je trouve ce qualificatif particulièrement juste. Elle a un grand coeur et une capacité de raisonnement simple mais juste.
D'autres personnages évoluent autour d'eux mais , (en dehors de Paul N'Guyen), ce qu'ils sont permets d'admirer encore plus les personnages cités ci-dessus. Même s'ils font parti des privilégies, des élites , ils apparaissent comme mesquins, petits, manipulateurs, médiocres. 
Paloma au début du livre se demande quel est le sens de la vie. J'ai trouvé que ce roman y répondait. On trouve ici des individus solitaires, épris d'intelligence et de beauté, qui se croisent et se reconnaissent. La vie c'est profiter des opportunités d'être surpris, émerveillé.
Le récit est construit sur une alternance de deux points de vue, celui de Madame Michel et de Paloma. Rédiger  sous forme de journaux intimes , on découvre leurs pensées profondes. 
J'ai pleuré mais j'ai surtout souri et ri. J'ai beaucoup aimé la référence à Tolstoï, ainsi qu'à l'art, (même si je suis un peu hermétique à ce dernier il faut l'avouer). Le langage est soutenu mais il n'est nul besoin de se référer sans cesse au dictionnaire, le contexte suffit amplement à expliquer le sens des mots.
C'est un très beau livre, plein d'émotion.

4ème de couverture:
" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois.
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. 

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches.
Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

mercredi 15 août 2012

Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini, de Katarina Mazetti



Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini de Katarina Mazetti
Nombre de pages: 203
Auteur: Mazetti Katarina
Editions: Gaïa

Mon avis:
Petit livre jeunesse bien plaisant qui nous conte l'histoire de Linnea, dix sept ans, suédoise, qui vient de perdre sa meilleure amie Pia. Cette perte fait l'objet d'un premier roman "Entre Dieu et moi, c'est fini", que je n'ai pas lu, fidèle à ma tradition de ne pas pouvoir prendre des tomes dans l'ordre, (beaucoup trop conventionnel pour moi!). L'absence de prise de connaissance du premier tome ne nuit aucunement à la compréhension de cet opus. Certes la perte de son amie a un impact sur le récit, mais il tourne surtout autour des relations entre personne et de la confiance, voir naïveté! La rencontre avec sieur Loup n'est qu'une partie de l'histoire. En effet , Linnea commence par nous raconter sa vie dans son charmant patelin suédois avec ses deux amies, avec qui elle s'est liée après le suicide de Pia. Elles sont un peu bizarres, entre la cleptomane et l'apprentie sorcière. 
Linnea est une adolescente typique qui prend les mauvaises décisions. Bon d'accord elle ne prends que les mauvaises décisions, mais elle a une certaine fraîcheur qui donne à l'histoire un petit plus. Racontée de son point de vue, le récit est intimiste, on a envie de lui donner des conseils, de la consoler, de la houspiller. Pourtant face à toutes les péripéties qui lui tombent dessus elle a du répondant, et ne se laisse pas abattre. J'admire la patience et la tolérance de sa mère, je ne suis pas sure qu'à sa place j'aurai aussi bien pris les choses. En fait je sais que je les aurai mal prise, (soyons honnêtes!). Le loup est vraiment un méchant loup, mais vu de l'extérieur ça se voit comme le nez au milieu du visage. Il est la suite logique de l'aventure de Linnea avec  ses amies et le prétexte au voyage qui va suivre. J'ai beaucoup aimé Knotte le petit frère de Linnea, il est très attendrissant, tout comme sa grand mère un peu exentrique. L'aventure reste à la fois gentille et pourtant elle nous présente aussi une image contrastée de la société. Ceux qui ont le plus ne sont pas les plus généreux. 
Petit plus de l'ouvrage des éditions Gaïa, les pages sont roses. Il paraît que c'est pour faciliter la lecture, une façon de se donner bonne conscience pour cette petit coquetterie. 

4ème de couverture:
Linnea, dix-sept ans, ne s'est pas vraiment remise du suicide de Pia, sa meilleure amie. Elle a bien essayé de se faire de nouvelles copines, mais entre celle qui la suit comme un labrador et celle qui joue la star partout où elle passe, ce n'est pas très brillant. Linnea cherche sa place. Elle cherche le sens de la vie, aussi. Et obtient finalement quelques réponses pas idiotes du tout, en questionnant tout le monde et n'importe qui, genre son petit frère: "C'est comme un film, tant qu'on n'a pas vu la fin, on ne peut pas savoir de quoi ça parle. Si?"
Alors elle envoie tout balader, grâce à sa grand mère qui lui file un paquet d'argent. Linnea décide de partir en voyage. A la gare de Stockholm elle croise la route de Mark. Un de ces mecs qui bouleversent votre itinéraire. Un de ces loups face auxquels on devient Petit Chaperon rouge.