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vendredi 15 février 2013

Tout pour titou de violaine Bérot



Auteur: Violaine Bérot, Française
Bibliographie:
Tout pour titou
Notre père qui êtes odieux
Léo et Lola
Editeur:Lunatique
Genre: Drame

Mon avis:
De l'importance de lire les quatrième de couv': Je n'ai lu que les deux premières lignes, vite fait, et me suis dit qu'il s'agissait d'un livre sur le désir d'enfant...
1ère page: Le routier, géniteur de Titou s'exprime, il ignore qu'il est l'inséminateur naturel, il est cru, vulgaire.
Deuxième page: La mère, elle a trouvé une éprouvette à sperme sur pied pour son désir d'enfant. c'est limite mais pourquoi pas on fait avec les moyens du bord!
Troisième page: Elle apprend qu'elle attends des jumeaux, sauf qu'elle voulait UN enfant et pas deux. Elle décide d'ignorer le deuxième sciemment, de souhaiter sa mort. Là déjà je tique!
L'accouchement: à son retour elle mets Titou dans sa chambre , le deuxième bébé sur des coussins dans le cagibi où siège la machine à laver...
Bon à ce stade je vois que j'ai fait fausse route! Je décide de continuer dans ce qui sera un récit de maltraitance, autant pour mon désir de joie et légèreté.
Le point de vue des personnages alterne, principalement la mère, Titou et l'autre. Il y a aussi Betty, seul autre personnage a avoir un prénom.
C'est un récit très violent, très dur, très triste! La mère est frappa dingue, et pas la version gentille de la folie! Cette décision qu'elle prends le jour de l'échographie elle la maintient jusqu'à l'extrême, jusqu'à l'absurde! Elle échoue également à rendre heureux Titou, mais il faut dire qu'il lui manque le minimum de bon sens pour cela.
Titou, ado mal dans sa peau, complètement à côté de ses pompes. Il sent bien que la situation est anormale mais il la vit depuis sa naissance. Il essaie maladroitement de faire changer les choses, au départ pour de mauvaises raisons et puis après par un attachement à cet autre qui lui ressemble;
L'autre, c'est terrible ce petit mot... On a envie de le prendre de le cajoler ou de le secouer en lui disant de se rebeller, de crier, de se débattre. Mais sevré depuis sa naissance de tendresse et d'amour il est incapable de réagir normalement.
La situation a duré des années jusqu'à l'adolescence. Titou veut faire enrager sa mère et fait entrer l'enfant honni dans le jeu. Il va rompre l'équilibre, rebattre les cartes. Sauf qu'il n'a pas forcément la main heureuse.
Betty, la voisine, jeune fille joyeuse, colorée, va être l'explosif, un accélérateur.
Le livre est court, il se lit d'un coup. Le passage entre chaque personnage est douloureux, ils ne se comprennent pas, ne s'entendent pas... Nous seuls savons tout et voyons la situation empirer page après page jusqu'au dénouement.

4ème de couverture:
Quoi de plus beau que l’amour d’une mère pour son enfant ? Titou est choyé, dorloté, adoré. Tout pour Titou. Il se sent pourtant complètement démuni face à cette mère trop aimante. Il étouffe, il n’en peut plus, cherche par tous les moyens à la pousser à bout ; qu’elle le lâche un peu, il est grand maintenant. Mais voilà, Titou et sa mère sont liés par un lourd secret, tapi dans le noir, à côté de la machine à laver, derrière la porte : l’autre, l’ahuri.
Roman expurgé de toute narration classique, Tout pour Titou nous plonge sans ménagement au coeur des pensées intimes de chacun des protagonistes. Une exigence stylistique qui nous contraint à affronter tour à tour leur délire, leur colère, leur désarroi ou leur peur.
Implacable et monstrueux, ce court récit n’en est pas moins d’une noirceur éblouissante.

vendredi 11 janvier 2013

Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer

Auteur: Jon Bauer, auteur anglais installé en Australie
Bibliographie:
2012: Des cailloux dans le ventre
Editeur: Stock
Prix: 22€
Nombre de pages: 354
Genre: Drame

Mon avis:
La relation difficile entre une mère et son fils de l'enfance à l'âge adulte. La mère est mère d'accueil pour enfants placés, elle est également la mère d'un petit garçon mais aussi une femme marquée par un drame personnel. Le jeune garçon grandit en pensant ne pas être assez bien pour cette femme qu'est sa mère. Il est jaloux de ces enfants placés pour qui elle a une voix spéciale, des gestes tendres, des exigences moindres. Cette jalousie va conduire à un accident qui marquera toute la famille. Le garçon fuira loin de sa mère, il reviendra auprès d'elle sur le tard, trop tard. Elle est atteinte d'un cancer du cerveau et n'est plus qu'une coquille avec de temps en temps l'identité de celle qu'elle fut. L'enfant devenu adulte n'a pas réglé ses problèmes. Quelque part il n'est jamais devenu grand et reste cet enfant peu sur de lui, cet enfant qui pense être mauvais et indigne d'amour.

Le récit alterne entre le quotidien de l'adulte garde-malade, bourreau, victime, mal-aimé et mal-aimant et l'enfant inconscient des enjeux. Le petit garçon comme l'adulte ne savent pas prendre la mesure de leurs actes ni en accepter les conséquences.
Ce petit garçon se sent mal-aimé et ne comprends pas le besoin que sa mère a de recevoir chez elle d'autres garçons. Petit à petit on découvre qu'il s'agit pour elle d'un plaisir égoïste et dangereux, car sans cesse elle est mise dans une situation de perte douloureuse. Le père cherche à ménager son épouse et son fils. Cherchant à les réconforter , les soutenir mais il échoue, les intérêts étant bien trop opposés.
Robert, le jeune garçon recueilli, est l'élément déclencheur. A l'inverse d'autres il cherche à être gentil, à se faire accepter, à profiter de ce qui lui est offert même si cela reste provisoire. Cette affabilité attise la jalousie du petit, il pense sa place menacée.
Ce jeune garçon, dont on ne sait pas le prénom, est jaloux. Mais comme le sont tous les enfants. Il ne réfléchit pas aux conséquences de ses actes, vivant dans l'instant. Il cherche à attirer l'attention mais a aussi l'impression de ne pas être à la hauteur. Il entre dans une spirale du pire jusqu'à l'accident. Si l'issue n'avait pas été aussi dramatique, je pense que les choses se seraient tassées d'elles-mêmes. Robert serait retourné dans sa famille, un autre garçon aurait pris sa place, ou la mère aurait fait son deuil. Le garçon aurait grandi avec une blessure d'amour mais sans cette culpabilité qui l'a rongé jusqu'à en faire un adulte inabouti.
L'adulte qui revient près de sa mère malade. Il cherche une dernière fois à se faire aimer mais très vite leur relation vire à l'affrontement. Il cherche à régler ses comptes avec une femme qui n'est déjà plus là. Il n'a jamais été puni pour l'accident et a grandi avec ce sentiment de culpabilité, d'autant plus grand qu'il n'a jamais été évoqué. Sa vie d'adulte est un non-engagement perpétuel. Il est resté dans son mode de fonctionnement d'enfant. Il a fini par aimé Robert ce qui a rendu son acte encore plus terrible. En tant qu'adulte il détruit tout, mais surtout lui. Il ne trouve du réconfort qu'auprès d'un vieil inconnu, (il aurait le même âge que son père, coïncidence?). Pour avancer il lui faut certes pardonner à sa mère, mais surtout à lui.
Une histoire pas évidente. Le petit garçon comme l'adulte ne sont pas attachants et pourtant... Les enfants peuvent avoir des sentiments irrationnels de jalousie, de mésestime. Ici il s'agit d'un non-dit qui handicape la famille. Cet enfant est conscient du drame qui a touché sa mère sans qu'il soit évoqué. L'adulte (la mère) cherche des solutions pour s'en sortir mais sans voir le mal que cela peut faire à son fils. Car parents comme enfants , chacun vit avec ses problèmes et cherche à les résoudre. J'ai trouvé que c'était bien écrit mais tellement dur. L'enfant est cruel mais aussi fragile. L'adulte est irresponsable mais cherche à être aimé. 

4ème de couverture:
Des cailloux dans le ventre est l'histoire d'un petit garçon de huit ans et de l'adulte instable qu'il est devenu. Au cours de son enfance, ses parents choisissent d'être « une famille d'accueil » en dépit du violent sentiment de jalousie que cela provoque en lui. Cette jalousie prend des proportions dramatiques quand l'enfant doit faire de la place à Robert, un jeune garçon auquel sa mère s'attache particulièrement. La relation qui naît entre eux va déclencher un événement qui transformera l'existence de la famille entière. Et particulièrement celle de Robert. À l'âge de vingt-huit ans, et après une longue absence, le fils vient rendre visite à sa mère. Il ne lui a rien pardonné. Mais cette femme, malade, a besoin de lui. Comment pourrait-il ne pas profiter de la situation ? Des cailloux dans le ventre décrit les dégâts que s'infligent parents et enfants, comme pour nous rappeler que la famille est l'endroit dont il faut partir pour se trouver. À partir des secrets que dissimulent ses protagonistes, le romancier installe une forte tension dramatique. Mais si les douleurs du passé sont évoquées avec puissance, l'écrivain sait révéler les situations cocasses de nos existences et décrire la métamorphose d'un être qui se défait progressivement du poids de son enfance.

lundi 31 décembre 2012

Numéro six de Véronique Olmi

Auteur: Olmi Véronique
Editeur: Acte sud
Genres: Drame, contemporain
Challenge: A vos nombres

Mon avis:
Fanny est une enfant arrivée sur le tard, la sixième, la dernière. Elle est en décalage avec sa famille comme une invitée un peu importune. Il s'agit ici de lettres ou d'un journal intime qu'elle écrit pour son père. Ce père de qui elle a toujours voulu être aimé. Ce père qui a fait 14-18 et en est sorti fragilisé.
On la découvre elle mais aussi cet homme qui n'a pas su aimé sa fille.
Cet échange est à la fois douloureux et touchant. 

4ème de couverture:
La famille Delbast est catholique.
Cinq frères et sœurs précèdent Fanny. A sa naissance son frère aîné a vingt ans. Dans cette fratrie, sa place est illusoire, son enfance est occultée, son identité le plus souvent réduite à un numéro pour éviter la confusion des prénoms. Petite fille solitaire, Fanny adore son père, mais il ne la voit pas. Trop de choses les séparent, trop de vie, de retenue aussi. M. Delbast est médecin. Il est de ceux qui ont fait la guerre, la première, et pour Fanny qui, adulte, récupère ses lettres envoyées du front, c'est encore l'occasion de réinventer ce demi-dieu.
A cinquante ans, Fanny parviendra-t-elle à prendre sa revanche, pourra-t-elle exiger le regard de son père ? Après Bord de mer, Véronique Olmi aborde de nouveau le thème de l'amour filial avec une sensibilité remarquable. Mais, à travers la figure du père, c'est aussi de la bourgeoisie catholique qu'il est question ici, et de l'insidieuse violence par laquelle ce monde bien-pensant est capable de verrouiller la vie d'une enfant.

mercredi 7 novembre 2012

Lolita de Vladimir Nabokov

Nombre de pages: 470
Auteur: Nabokov Vladimir
Editeur: Gallimard
Challenge: ABC 2012

Mon avis:
Mouaif! Je ne peux pas dire que j'ai été choquée! Plutôt ennuyée! Si j'ai lu avec application le début très vite j'ai pratiqué" la lecture en diagonale". Le sujet en lui même est choquant: La pédophilie, racontée par un pédophile en plus.
Mais il faut le dire Humbert Humbert est certes un pervers mais surtout un geignard imbu de sa petite personne. Il m'a été antipathique plus par son caractère que par ses penchants (même si ceux-ci le rendent déjà fortement antipathique). On découvre toute l'histoire de son point de vue, avec ses mots, son style, ses idées...
La jeune enfant qu'est Dolores apparaît forcément par le prisme du pervers. Certes elle n'est pas forcément innocente. Mais ceux qui se passent entre des enfants du même âge n'a rien à voir avec l'influence que peut avoir un adulte, surtout si celui-ci profite de circonstances favorables pour lui et défavorables pour sa victime. Pour moi elle est une jeune fille qui manque de chance. La relation qu'elle a avec sa mère est étrange. Cette dernière regrette un fils disparu et cristallise sur sa fille des ressentiments qui n'ont pas lieu d'être. Elle la voie comme un obstacle à son accomplissement personnel. Cette insécurité émotionnelle ébranle de suite les fondation de l'identité de Dolores. Ses expériences avec la sexualité vont finir de saper le tout. C'est une longue descente aux enfers...Pour elle et pour nous! 
C'est bien écrit mais le narrateur est tellement ... Chiant. Il n'est même pas un méchant digne de ce nom. Il oscille entre l'autoflagellation mais en réussissant à se dédouaner de toute responsabilité (ce qui relève du prodige) et il passe son temps à se regarder le nombril. Son acte final est le reflet d'un orgueil outragé...
C'est définitivement un mouaif pour cette lecture, qui était en fait une relecture mais à l'époque j'étais jeune...

4ème de couverture:
Humbert Humbert est en prison pour meurtre. Il raconte tout ce qui l'a conduit jusqu'ici, de son enfance avec son premier amour à sa rencontre des dizaines d'années plus tard avec Dolorès Haze une "nymphette" de 12 ans. Humbert est subjugué par la jeune fille et accepte même d'épouser la mère de Dolorès pour rester près d'elle. Jusqu'au jour où la "Grosse Haze" comme la surnomme Humbert découvre la vérité et meurt accidentellement. Commence alors un long voyage en tête à tête entre Humbert et l'adolescence.

mercredi 17 octobre 2012

Le garçon d'à côté de Katrina Kittle

Nombre de pages: 446
Auteur: Kittle Katrina
Editeur: Phebus
Genre: Drame

Mon avis:
Même si ce livre est dure il n'y a pas eut de larmes, plutôt de la colère , de la rage et de l'incompréhension.
Tout commence par un mariage, moment heureux dans la vie d'une famille. A cette occasion Danny se souvient de cette année-là...
Et on repart des années plus tôt dans la maison de Sarah Laden,récemment veuve, et élevant seule Nate et Danny. Elle doit ainsi gérer sa peine , un adolescent un peu rebelle et un gamin mal dans sa peau. Par un jour de pluie , l'horreur va faire basculer leur vie pour toujours.
On alterne les points de vue des personnages mais en suivant l'ordre chronologique.
Sarah est une mère courage. J'ai beaucoup aimé son caractère, affronter la pluie pour s'assurer de la santé de petits rouges gorges. Elle a une grande force de caractère même s'il lui arrive d'être injuste avec Nate.
Nate, ado de 16-17 ans, encore en deuil de son père et en prise avec ses hormones. J'ai beaucoup apprécié sa lucidité et sa générosité. Les responsabilités qui pèsent sur ses épaules sont énormes.
Danny est un jeune garçon en prise avec un certain mal être. Pas forcément doué à l'école il peut s'avérer maladroit dans ses réactions. Pour connaître la raison de ce mal être il faut attendre la fin du roman et imaginer à quoi cela a pu le ramener lors des évènements.
Jordan, enfin. Il est le fils des Kendricks. Le plus terrifiant n'est pas ce qu'il a subi (attention c'est horrible!) mais le fait qu'il est pu "s'y habituer", "faire avec", et presque trouver ça normal. Ses réactions m'ont profondément remué parce que les abus , les maltraitances ne l'ont pas que briser physiquement. Il en ait venu à se nier en tant qu'individu, à être incapable d'exprimer un désir qui lui soit propre. Et pourtant... Quelle force dans ce petit bonhomme! Quelle volonté de survivre! Quelle intelligence! On s'attache forcément à lui!
Ce livre est d'autant plus dur qu'il met le doigt où cela fait mal. Ainsi l'inspecteur de police qui nous explique que "les pédophiles, en dehors d'être des pédophiles, sont Mr et Mme Toutlemonde.", et que l'on ne voie les signes qu'après parce que c'est à ce moment là seulement qu'ils deviennent visibles.
L'auteur a une écriture très fine. Même si à chaque page on sent cette pression dans la gorge, sur le coeur, il n'y a pas de descriptions trop sordides. Elle arrive à faire passer son message sans tomber dans le glauque.
Un petit mot sur "la mère" enfin. Le rôle du père est beaucoup laissé de côté car c'est un monstre à part entière. Pour ce qui est de la mère, quelque part c'est pire. Elle est manipulatrice au possible et sordide. C'est d'autant plus difficile que l'on a du mal à imaginer qu'une mère puisse faire ce genre de choses. Elle est en même temps la pire image du pédophile: intégrée, manipulatrice, séduisante... 
Je pense que ce livre va me rester longtemps en mémoire!

4ème de couverture:
Dans une banlieue tranquille du Middle West, Sarah Laden, une jeune veuve, se bat pour élever seule ses deux garçons, Nate, 17 ans, et Danny, 10 ans. Une découverte fracassante concernant la famille de ses voisins et amis, accusés de pédophilie, va mettre à mal ce fragile équilibre. Des photos prouvent la culpabilité du père, mais la mère était-elle impliquée? Une enquête doit le déterminer. Sarah se retrouve à héberger leur fils Jordan, victime d’abus. Sombre et renfermé, l’enfant est en classe avec Danny. Alors que les Laden acceptent de devenir sa famille d’accueil, la place et les certitudes de chacun se trouvent remises en cause. Les voix puissantes de Sarah, Nate et Jordan alternent avec fluidité.Tour à tour, l’enfant, l’adolescent et l’adulte tentent de comprendre l’inconcevable et d’avancer. Sarah se donne pour but de redonner à Jordan goût à la vie et de l’aider à grandir.

vendredi 12 octobre 2012

Hate list de Jennifer Brown

Nombre de pages: 389
Auteur: Brown Jessica
Editeur: Wiz
Genres: Drame, Jeunesse

Mon avis:
Un livre lourd en émotions. Dès le départ j'ai ressenti une pression et j'étais très fière de moi de ne pas chialer comme une madeleine. Avouons le cette fierté n'a pas duré j'ai très vite ressemblé à un panda entouré de cadavres de mouchoirs, le nez en patate. Un délice pour les yeux!

On suit Valérie Leftman, jeune fille de 16 ans, ayant réchapper à une tuerie dans son lycée. Sauf qu'elle a été blessée en s'interposant entre le tueur et une fille qu'elle ne peut pas sentir. Sauf que le tueur est son petit ami. Sauf que le nom de la fille qu'elle a sauvé et de ceux qui sont morts étaient sur la liste. Sauf que c'est elle qui a eut l'idée de cette liste....
Valérie est la narratrice. On alterne les points de vue, au moment du drame, avant le drame, juste après le drame, au moment du retour au lycée. Cette méthode est bien choisie car elle entremêle les émotions et les évènements. Le tueur n'est plus juste un garçon sans coeur qui abat à bout portant des innocents. C'est aussi le garçon tendre et amoureux avec en toile de fond un mal de vivre. 
On s'attache à tous les personnages (sauf le père de Valérie) même les "méchants" quel qu'ils soient. Ainsi on découvre la dualité de l'âme humaine. 
Je suis sortie de l'adolescence il y a un bail (trop pour que je donne le nombre d'années!), mais je me souviens de ce genre de comportements dans mon collège, mon lycée. L'école c'est la jungle! C'est peut-être ce qui est le plus touchant dans ce roman, il est tout en délicatesse, sans exagération.
Les réactions des protagonistes sont logiques (sauf la tuerie s'entend!), l'effet de groupe, la vie privée qui interfère avec la vie sociale. L'importance du regard des autres, les conséquences de ce regard.
Un petit mot sur le père, seul personnage que je n'apprécie pas, même un tout petit peu! Son comportement tout du long du roman est exécrable. C'est un être profondément égoïste, égocentrique. Il n'apporte aucun soutien à son enfant, voir il l'enfonce un peu plus. Son comportement n'est pas digne d'un parent. On s'en rends d'autant mieux compte lorsque l'on met en parallèle ses réactions avec celles de la mère de Valérie. Alors oui elle est parfois injuste mais malgré tout , malgré ses doutes, malgré ses craintes, elle protège son enfant. Pas toujours de la bonne façon mais on sent une volonté de bien faire!
Il y a d'autres personnages que j'aimerai décrire mais ce serait gâcher le livre car le plus marquant quelque part c'est le avant et après, comment cet évènement a profondément changé certains , mais comment aussi tout est resté pareil , comme s'il ne pouvait y avoir qu'un système de fonctionnement de la société adolescente et de la société tout court.
L'auteur a vraiment un style d'écriture très fluide. J'ai aimé les extraits d'articles de journaux qui montrent toute la perversité des journalistes, à l'affût du scoop, du faits divers, sans considération de la peine des victimes. J'ai aimé ce mélange temporel qui permet de ne pas réduire un individu à un seul fait mais à un ensemble de choses qui font de lui quelqu'un de bien.

4ème de couverture:
"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonneras ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

jeudi 5 juillet 2012

Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini

Nombre de pages: 384
Auteur: Hosseini Khaled
Editions: Belfond
Challenge: Big Challenge n°60

Mon avis:
Tout commence pour nous par un coup de téléphone en 2001 reçu par Amir, un afghan réfugié aux Etats-Unis. A partir de ce moment il va nous raconté son enfance à Kaboul, son exode plus tard. Le récit va reprendre après ce coup de fil sans qu'il y ai de rupture. J'ai trouvé cela agréable et ne m'en suis rendu compte qu'à la fin du récit. J'ai aimé que ces deux histoires s'entremêlent.
Amir , le narrateur, nous raconte son enfance à Kaboul. Il appartient à une famille favorisée financièrement. Lors de son récit il met la lumière sur des instants qui sont autant d'indices pour la suite. Ce récit est à la fois magnifique et triste. Il montre que l'enfance va au-delà des préjugés. Il est ami avec Hassan, malgré le fait qu'ils appartiennent à des milieux et groupes religieux différents. Pour autant Amir se rends compte de cette différence et a du mal à passer au-dessus , d'autant plus que se mêle un sentiment de jalousie vis à vis d'Hassan, et une impression de désamour de la part de son père.
Amir apparaît comme un gamin normal. Pas très courageux, qui fait des mauvais choix, qui se vengent sur les mauvaises personnes. A l'opposé Hassan est un personnage solaire, il est vraiment décrit comme tel. On le perçoit comme quelqu'un de foncièrement bon, généreux et loyal. Assef est un autre protagoniste qui m'a énormément marqué. Il est le stéréotype de ce que le fanatisme peut donner. Bas du front sans être idiot, il aime la haine et la cruauté. 
J'ai aimé découvrir Kaboul autrement que par l'image des Talibans, il est parfois difficile d'imaginer que ce pays fut autre chose que le champ de ruine que l'on connaît (et encore pour moi que par la télévision). On a un aperçu des coutumes et des gens de l'époque. Le père d'Amir est tout sauf religieux! Et pourtant il y avait comme des germes de ce qui c'est passé ensuite.
On découvre aussi le sentiment des déracinés. Comment à des milliers de kilomètres ils essaient de recréer un bout de chez eux. Pas physiquement mais par les coutumes, la culture. 
La troisième partie du récit consacrée au retour au pays et à la rédemption d'Amir est particulièrement troublante. Elle est la partie la plus triste de ce récit. La confrontation à la réalité et au chemin du pardon sont cruelle. La fin est très réaliste, pas vraiment un happy end!
Pour le style d'écriture, j'ai aimé voir toutes ces expressions arabes se mêler au récit. Je n'en retiendrais sans doute aucune à terme, (en raison d'un gros barrage mental sur les langues étrangères!), mais dans le récit elles m'ont semblé aller de soi. J'ai beaucoup aimé le déplacement chronologique de l'histoire. Ce long récit du passé qui éclaire la décision au moment présent. Décision que l'on ignore pendant longtemps et qui laisse courir notre imagination.
Enfin un petit plus avec l'histoire des cerfs-volants, une sorte de fil conducteur à travers l'histoire, un symbolisme. Et la couverture qui illustre vraiment bien le récit!

En résumé: Une très belle lecture poignante

4ème de couverture:
Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés...

Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. "Il existe un moyen de te racheter", lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.

vendredi 29 juin 2012

La voleuse de livres de Markus Zusak

Nombre de pages : 633
Auteur: Zusak Markus
Editions: Pocket
Challenges: Big Challenge n°84 et Lecture commune du 29 juin 2012 organisée par Bambi_Slaughter et avec Lucie2006, Yogi , Achille49, Soso0806, Melisende , BeL  ,Stephanie-plaisir de lire, Felina

Mon avis:
Dans l'Allemagne Nazie on suit l'histoire de Liesel, une jeune enfant de 11 ans confiée à Rosa et Hans dans la rue de Munich dans une petite ville proche de Dachau. C'est la Mort qui nous raconte son histoire!


J'ai particulièrement aimé ce parti pris de faire conter l'histoire par la Mort. Elle est un personnage à part entière avec son histoire , sa personnalité. Et aussi étrange que cela paraisse, elle m'a été sympathique. Je l'ai trouvé pleine d'humanité, d'humour. Elle a une certaine distance face à son "travail", et je trouve que cette distance mets bien en relief l'absurdité du comportement humain. Elle se prend d’intérêt pour la jeune fille qu'est Liesel. Elle attire son attention par son courage et par un comportement étrange: elle vole un livre. Pour ma part ce n'est qu'un demi-vol puisqu'elle le ramasse par terre.
J'ai particulièrement apprécié la place qu'occupe la lecture et la force des mots, à la fois comme outil de propagande et d'espoir. Le livre en lui-même en est la preuve. L'histoire commence avec l'évocation d'un événement particulier, que j'ai certes trouvé triste, mais je dirai sans plus! Lorsque la Mort le raconte à nouveau j'ai fondu en larmes. Au fil du récit je me suis attachée durablement aux personnages. Pour autant la Mort ne nous ménage pas, ne nous ment pas, elle annonce très vite la couleur.
Ce livre est aussi l'expression de ce qui est le meilleur et le pire chez l'être humain. Hans et Rosa , les parents adoptifs de Liesel sont incroyables de bonté et de caractère. Ils sont entiers et humains. Max est également très touchant. J'ai beaucoup aimé sa relation avec Liesel et avec les mots. Ses dessins et écrits m'ont beaucoup touchés.
J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur! Les petites apartés de la Mort, les extraits des livres de max, les descriptions des couleurs du ciel et ce qu'elles représentent. A part la fin qui m'a fait chialer comme une madeleine j'ai trouvé ce livre plein d'une certaine joie d'enfance. Malgré les privations, malgré les malheurs, chaque moment de joie de Liesel sont formidables. Son amitié-amour pour Rudy, sa complicité pour Max, son amour pour ses parents adoptifs, sa relation étrange avec Ilsa.
Ce livre est vraiment étrange, il se lit facilement! Il parle de choses tellement dures sans fioritures, sans complaisance. Je n'aurai jamais ouvert ce livre sans Livraddict, il fait parti du Big challenge et comme ma bibliothèque l'avait et qu'une LC était organisée je me suis dis "pourquoi pas?". Et heureusement ce fut vraiment une très belle découverte!


En résumé: Un livre émouvant à la fois sur l'enfance et sur une période difficile avec un regard différent!

4ème de couverture:
 Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est - ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...

vendredi 23 mars 2012

Des fourmis dans la bouche de Khadi Hane


Nombre de pages: 150
Auteur : Khadi Hane
Edition : Denoel
Emprunt Bibliothèque
Challenge :

Mon avis:
L'auteur nous raconte un bout de la vie de Khadija Cissé, malienne réfugiée à Paris. Nous la suivons sur quelques jours. Des jours de tension et de doute. En effet sa liaison avec un blanc a été découverte au pays et est loin de faire l'unanimité.
Tout au long des pages Khadija va nous parler de son enfance au Mali, marqué par la faim, la pauvreté et la tradition, son mariage forcé à 13 ans, sa répudiation alors qu'elle est enceinte.
Le récit commence à Paris, elle a 5 enfants. On connaît le père du premier et celui du dernier. L'identité du père des autres enfants viendra plus tard.
Vous me direz : Est-ce vraiment important? Pour moi oui. Le premier est le fruit de la tradition, l'enfant du mariage forcé contracté au Payes. A l'inverse le petit dernier a été voulu par Khadija. Il est le fruit de sa passion pour un homme blanc. Hélas ce dernier n'en veut pas, (pas de faux suspens on devine assez vite que cet homme est une ordure). Cependant cet enfant est quand même pour moi le symbole de la rébellion de Khadija face à la tradition.
Le récit est dur. Certains commentaires sur d'autres sites Internet ont parlé de stéréotypes. Il est vrai que l'auteur ne fait pas dans la dentelle. Les traits sont peut être grossis ou pas. Mais là n'est pas la question. Il ne s'agit pas d'une description du Mali, mais de l'histoire d'UNE femme malienne.
Même si je ne suis pas malienne, ni mère célibataire, ni amoureuse d'un salaud, ni affamée, je me suis identifiée à Khadija. Tout simplement parce qu'elle se rebelle contre la bienséance, elle veut exister malgré sa famille, malgré sa communauté. Je l'ai trouvée digne, malgré la poisse accrochée à ses basques.
J'ai eut l'impression d'un immense gâchis ! Et pourtant il me semblait inévitable !!!

En résumé : Un récit âpre, court et qui rappelle que briser ses chaînes est loin d'être évident!

4ème de couverture:
Gratteurs d'écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d'un camion, hommes à tout faire d'un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l'hydroquinone censés procurer aux nègres l'éclat d'une peau blanche, la leur ne faisant plus l'affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout...

Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis.
Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu'aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l'injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus.
Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d'une femme africaine en France.

lundi 5 mars 2012

sous le soleil de satan de Georges Bernanos


284 pages

4ème de couverture:
"Chemins du pays de l'Artois, à l'extrême automne, fauves et odorants comme des bêtes, sentiers pourrissants sous la pluie de novembre, grandes chevauchées de nuages, rumeurs du ciel, eaux mortes!"
Pour fuir le désespoir, l'hypocrisie et la misère, Mouchette, révoltée mystique, s'est jetée dans le vice et la violence avant de devenir la meurtrière de son amant. Sa rencontre avec l'abbé Donissan, bourreau d'ascétisme et humble vicaire hanté par la présence charnelle du démon, va sceller les destinées de ces deux âmes surnaturellement liées dans le combat furieux du bien et du mal.

Mon avis:
Il y a peu de livres que je n'aime pas, celui-ci en fait partie. J'ai tendance à croire que lorsque le plaisir de lire n'est pas là, la cause est de mon fait et non celui du livre. Une rencontre manquée en somme.
Ici je n'ai pas aimé le style de l'auteur d'abord. Je l'ai trouvé vieillot, lourd. Ma lecture fut laborieuse, difficile.
L'histoire ne m'a pas accrochée non plus. Je n'ai pas retrouvé l'attrait de la 4ème de couverture. L'idée était séduisante. Cette rencontre entre deux caractères s'affrontant pour le bien et le mal. Deux destinées liées et opposées. En fait la rencontre est épisodique. Certes, elle change la vie de Mouchette mais un peu trop rapidement pour moi. Quand à la vie de Donissan, j'en attends encore le récit ...
Les personnages sont fadasses. Je n'ai pas réussi à déterminer si Germaine (alias Mouchette) est une jeune fille naïve, pétrie de fausses espérances, une folle ou une créature douée d'intelligence et vouée au Mal. Je trouve que l'auteur n'a pas assez creusé le personnage. On la décrit comme se vautrant dans le vice (deux amants on est loin des catins de Babylone!!!), la violence (elle tut par accident son amant , plus par un réflexe d'autodéfense que de sang froid).
Pour l'abbé Donissan mon jugement est encore plus sévère. L'entendre qualifier de "saint" toutes les trois lignes m'a quelque peu horripilée. Ses questionnements métaphysiques, ses monologues-dialogues avec les autres personnages, la façon dont le perçoivent les autres me sont rester incompréhensibles. Je n'ai pas perçu en quoi il était "saint", son traumatisme, son don, sa mission.

En résumé: J'ai lu ce livre en me disant qu'il fallait que je m'accroche, que ça allait prendre, puis au bout du compte, je me suis dit "plus que 50 pages, autant le finir".

dimanche 4 mars 2012

La couleur pourpre d'Alice Walker



344 pages

4ème de couverture:
Dans la grande tradition du roman sudiste, dénonçant l'oppression raciale et sexuelle dont étaient victimes les femmes noires, la Couleur pourpre fait date. Le livre raconte l'histoire de Célie et Nettie, deux soeurs, séparées à l'adolescence mais liées par un amour indéfectible que ne terniront pas les brimades et le mépris, les guerres et l'absence.
Célie, mariée enfant à un homme violent, ne reçoit pas les lettres que lui adresse Nettie, devenue missionnaire en Afrique, car son mari les subtilise. Ignorant l'adresse de sa soeur, elle-même envoie ses lettres au bon Dieu. Une correspondance qui sauvera deux femmes du désespoir ...
Ayant découvert l'amour dans les bras d'une amie de son mari, Célie parviendra-t-elle à se libérer de sa tragique condition?
C'est tout le sujet de ce roman poignant, mais d'où l'humour n'est pas absent et qui fit assez sensation à sa parution pour obtenir les deux principaux prix littéraires américains, le Pulitzer et l'American Book Award, en 1983. Puis être ensuite porté à l'écran par Steven Spielberg avec le retentissement que l'on sait.

Mon avis:
J'ai lu ce livre dans le cadre des challenges ABC 2012 et Choisir la prochaine lecture de sa Pal (choix de Crazyprof) sur Livraddict.
Déjà un petit merci à Crazyprof, la couleur pourpre fait partie de ces nombreux livres que je possède, que je veux lire mais qui passent toujours après une foule d'ouvrage plus racoleur. Pourtant je devrais savoir que ces livres d'aspect plus humbles sont des petites pépites.
Et ce livre ne déroge pas à la règle , ce fut une merveilleuse découverte.
Il évoque des choses dures avec beaucoup de sensibilité et d'humour. Ce fut une bouffée d'espoir, de bonheur. Ces non échanges épistolaires nous font partagés l'intimité de deux femmes très différentes. Elles sont toutes les deux confrontées à la violence du monde et chacune réagit à sa manière.
Célie, qui apparaît comme une victime, plie mais ne rompt pas. Au fil des années elle s'affirme, s'impose, s'oppose. Gravite autour d'elle une multitude de personnages qui évoluent, changent. J'ai beaucoup aimé sa façon de rester debout face à l'adversité, sa simplicité, son manque de rancune.
Néttie se rebelle. Elle n'accepte pas de se soumettre aux hommes. Son départ en tant que missionnaire l'amène à se battre contre les préjugés. Elle devient femme et mère.
J'ai aimé l'univers de ces deux femmes. C'est étrange car il ne s'agit pas de mondes où tout est beau tout est rose. On y trouve de la violence, de la bêtise, du racisme, du sexisme et pourtant ... Au milieu de toute cette intolérance, les gens, les femmes s'affirment. Elles assument leur sexualité, on se quitte , on se trompe.

En résumé: Un livre comme un caramel. Il nous parle de choses dures mais avec une douceur et un humour qui m'ont fais sourire et espérer.

Room d'Emma Donoghue


400 pages

4ème de couverture:
"C'est bizarre d'avoir un secret rien qu'à moi et pas à Moi-et-Maman. Tout le reste est à nous-les-deux. Mon corps, je crois qu'il est à moi comme les idées dans ma tête. Mais mes cellules sont faites avec ses cellules alors c'est un peu comme si j'étais à elle. Et aussi quand je lui dis mes pensées et qu'elle me dit les siennes, nos idées de chacun se mélangent dans nos deux têtes comme si on coloriait au crayon bleu par-dessus le jaune pour faire du vert."

Mon avis:
Ce livre est bouleversant. J'évite de lire des témoignages car ils ont tendance à me retourner. Ici il s'agit d'un roman et l'effet fut le même. J'ai passé la nuit à me tourner et retourner en pensant à ce roman.
L'auteur nous raconte l'histoire d'une mère et de son fils, qu'elle a eut avec son ravisseur. Il s'agit d'abord du récit d'une captivité subie pour la mère, normale pour ce petit garçon de cinq ans. C'est le récit d'une mère protectrice, courageuse. Quand elle comprends que tout va basculer elle tente le tout pour le tout.
C'est le récit d'un apprentissage et d'un réapprentissage de la vie en société.
Le narrateur est un petit garçon de cinq ans. Il a l'innocence des enfants de cet âge. Il prends la vie comme elle vient et pourtant il perçoit déjà tellement de choses. Son univers se résume à sa mère et à la Chambre. Elle nous paraît beaucoup plus grande qu'elle ne l'est. On oublierait presque les conditions de son univers.
Le récit est déroutant car la mère , proie du grand méchant Nick, après sa libération devient la proie d'une société avide de sensationnel. L'interview avec la présentatrice télé est le reflet fidèle de ce monde où le héros d'hier devient le coupable.

En résumé: Un très beau livre bouleversant qui nous montre l'abominable avec des yeux d'enfants, mais au lieu d'adoucir le drame cela le rends encore plus terrible.

jeudi 16 février 2012

Assommons les pauvres! de Shumona sinha


155 pages

4ème de couverture:
"Les mots s'ajoutaient aux mots. Les dossiers s'entassaient. Les hommes défilaient sans fin. Ils étaient obligés de mentir, de raconter une tout autre histoire que la leur pour tenter l'asile politique. Evidemment on ne croyait presque jamais à leurs histoires. Achetées avec le trajet et le passeport, elles allaient jaunir et tomber en miettes avec tant d'autres histoires accumulées depuis des années."
Le temps d'une nuit, passée au commissariat pour avoir fracassé une bouteille de vin sur la tête d'un immigré, une jeune femme cherche à comprendre les raisons qui l'ont conduite à une telle fureur. Etrangère elle aussi, elle gagne sa vie comme interprète auprès des demandeurs d'asile, dans les bureaux des zones périphériques de la ville.

Mon avis:
Un livre très dur où la tristesse et le malheur transpirent à chaque mot. Très poétique aussi.
Il m'est arrivé de rire lorsque l'on assiste à deux monologues. Pourtant les protagonistes sont là, l'un en face de l'autre mais ils ne se comprennent pas.
Ce livre est dur parce qu'il nous oblige à nous demander si la recherche du bonheur n'est pas suffisante pour partir. Et pourtant ces hommes et ces femmes qui sont là, qui inventent des histoires abracadabrantes ne sont pas heureux. Ils ne sont pas partis pour chercher le bonheur mais pour fuir le malheur (l'absence d'espoir, d'avenir).
Ils sont confrontés au système, sa froideur, ses règles. Chacun joue son rôle sans trop y croire, sans trop espérer.

En résumé : un bon livre, beau et douloureux.

Le Parfum de Patrick Süskind


355 pages

4ème de couverture:
L'histoire abominable et drolatique de Jean-Baptiste Grenouille a déjà fait rire et frémir, en quelques mois, des centaines de milliers de lecteurs allemands et italiens. La voilà, en somme, réimportée en France, puisque c'est ici qu'elle se passe, à Paris et en Provence, en plein XVIIIème siècle.
Ce vrai roman, ce roman d'aventures, est aussi un merveilleux conte philosophique à la Voltaire. Il y est d'ailleurs beaucoup question d'essences ...
"Car l'odeur était soeur de la respiration. Elle pénétrait dans les hommes en même temps que celle-ci; ils ne pouvaient se défendre d'elle, s'ils voulaient vivre. Et l'odeur pénétrait directement en eux jusqu'à leur coeur, et elle y décidait catégoriquement de l'inclination et du mépris, du dégoût et du désir, de l'amour et de la haine. Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le coeur des hommes."

Mon avis:
J'avais déjà lu ce livre il y a fort longtemps et j'ai eut envie de le redécouvrir au gré du Challenge ABC 2012 organisé par Nanet sur Livraddict. Sa lecture n'était pas pour tout de suite mais les chroniques d'autres participants m'ont mis l'eau à la bouche (ou l'odeur aux narines!!).
Odorat n'est pas forcément un des sens que l'on met le plus en valeur, ou il est celui qui nous manquera le moins (pense-t-on). Pourtant il est essentiel, pas forcément comme reflet de l'âme comme ce roman, mais pour son incroyable pouvoir. Qui n'a jamais repensé à son enfance face à une odeur, ou à son amoureux également. Les odeurs sont des compagnons subtils qui nous environnent et nous influencent.
Ce livre raconte l'histoire d'un monstre. Un monstre au regard de deux défauts. Tout d'abord il ne sent pas et ensuite il sent trop les autres. Son absence d'odeur le rend inhumain, imperméable aux émotions autre que celle du plaisir olfactif.
A l'inverse l'une des nourrices à qui il est confié est privée de l'odorat et du coup de son humanité. Et que dire des jeunes filles qu'il rencontre, à la beauté envoûtante presque irréelle.
Ce roman est également la description d'une société où l'humain est minoritaire. Certes Jean-Baptiste Grenouille est le monstre ultime mais ceux qu'il rencontre (en dehors de ses victimes) sont loin d'être des parangons de vertu. Ils sont malhonnêtes, vicieux et ... punis.
La 4ème de couverture promettait des rires. Je ne dois pas avoir le même humour!!!

En résumé : Un excellent roman qui nous initie à la parfumerie et à l'âme humaine. La fin est déconcertante (je l'avais complètement oubliée!!). A lire et relire

lundi 30 janvier 2012

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier


271 pages


4ème de couverture:
La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur de la jeune file, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maison, le scandale se propage dans la ville.

Mon avis:
Ce livre est un portrait de la société hollandaise. J'ai été surprise de découvrir ce système complexe, avec cette séparation entre catholiques et protestants, tant au niveau géographie qu'au niveau des idées et des moeurs. La rigidité des rapports sociaux entre l'apprentissage (où c'est l'apprenti qui paie et non le patron), les guildes (qui emprisonnent mais protègent aussi), les rapports entre maîtres et serviteurs (un mélange de proximité et de distance hiérarchique) créent une ambiance pesante sur l'histoire. Griet apparaît comme une jeune fille innocente et naïve. Elle a un attrait naturel pour l'art, sa sensibilité naturelle vis à vis des couleurs, des images, de la peinture en font une proie facile face au peintre. Malgré sa naïveté, face aux regards des autres, elle est très réaliste quant à sa position dans la société et ses chances d'avenir.
Le peintre Vermeer est l'image parfaite de l'artiste tourmenté et tourmenteur. Dépendant de son mécène il est prêt à vendre son âme pour des raisons d'argent. Mais à l'inverse malgré le manque d'argent il ne consent pas à rendre un tableau inachevé. Même s'il aime sa famille on a plus l'impression qu'il vit "à coté". Pour vivre son art il est dépendant de sa belle mère, commerciale et organisatrice du quotidien, de sa femme, qui lui fournit les accessoires et de Griet, en tant qu'assistant puis modèle. Tout entier consacré à son art il ne prends jamais en considération les émotions, les volontés ou les besoins des autres. Il m'apparaît comme un homme faible, soumis à son entourage et à sa peinture.
A l'inverse Pieter fils, le jeune boucher, est un homme tolérant et généreux. Il s'inquiète des sentiments d'autrui et fait preuve d'obstination dans sa quête.
L'auteur décrit également toute une palette de personnages secondaires. Les femmes sont pour moi les plus importantes et les plus développés. Elles sont partagées entre leurs volontés, leurs désirs. Leurs mesquineries, leurs ruses mettent encore plus en relief la droiture et l'innocence de Griet.
Ce livre est une jolie perle qui nous parle d'art, d'amour, de destin mais surtout de libre arbitre.