vendredi 22 février 2013

Rue des voleurs de Mathias Enard

Auteur: Mathias Enard, français né en 1972
Bibliographie:
  • Parle-leur de batailles, de roi et d'éléphants
  • rue des voleurs
  • Zone
  • L'alcool et la nostalgie
  • la perfection du tir
  • remonter l'orénoque
  • Bréviaire des artificiers
Editeur: Actes Sud
Prix: 21.50€
Genre: Contemporain

Mon avis:
D'emblée je me suis attachée au personnage de Lakdhar. Il aime lire, ce qui me le rend forcément sympathique, il trouve dans la lecture une fuite, un refuge, un espoir, un plaisir. Par contre dans sa vie de tous les jours il vit avec des oeillères, il ne voit pas ce qui est évident. J'ai aimé ce personnage aussi pour sa complexité. 
Lakdhar c'est d'abord un jeune marocain de Tanger avec des désirs simples, passer du temps avec son ami Bassam, draguer les filles, lire des polars, s'amuser. Il ne rêve pas de franchir le Détroit vers l'Espagne et des rêves de grandeur. Il désire sa cousine Meryem. Quelque part il est comme tous les jeunes, sauf qu'il vit à Tanger et que la religion tient une part importante dans sa vie et celle des autres. 
Il va être le témoin d'évènements sans vraiment y prendre part, sans non plus se rendre forcément compte de leur portée. Ainsi lorsqu'il est recueilli par un groupe d'islamiste il va rester aveugle à leurs vraies motivations.
Lakdhar c'est aussi le chanceux poissard. Contradictoire? Non , il se sort d'une situation pour retomber dans une autre, il peut avoir l'impression que c'est un mieux, de l'argent , de la liberté, une belle histoire, et hop, le destin lui donne un petit coup sur la caboche et arrive les ennuis.
C'est aussi le récit d'une errance, sans vraiment de but. Lakdhar ne rêve pas d'ailleurs mais voyage. Au cours de son voyage il croise des personnages aux caractères très variés. Bassam son ami d'enfance est un gars simple qui s'oublie peu à peu au profit d'une idéologie qui n'est pas complètement la sienne. Ainsi parfois au contact de Lakdhar on voit surgir un espoir , un éloignement des Ténèbres. 
Le cheik Nourredine est un serpent aux jolis couleurs, tout chez lui respire la duplicité.
 Judit, jeune femme espagnole...Elle est en prise avec la crise Espagnole (l'histoire se déroule au moment des printemps arabes et du mouvement des Indignés). Sa relation avec Lakdhar est étrange , entre rêve et réalité.

La fin du roman est surprenante Même si quelques indices au cours de la lecture laisse deviner où se trouve Lakdhar je n'ai jamais penser que cet acte final serait celui écrit par l'auteur, et pourtant il y a là une certaine logique.

Rue des voleurs est également le titre du dernier chapitre, là où tout fini mais aussi un lieu d'humanité, certes une humanité à la dérive mais vivante. Je ne suis pas sure que le personnage soit malheureux au début ou à la fin du livre, il a trouvé une certaine paix au milieu des bouquins et des souvenirs. Car il s'agit là de souvenirs, racontés à la première personne a posteriori. Quelques apartés montrent que le narrateur (Lakdhar), avec le recul, a pris la mesure de l'importance des détails, des évènements.
C'est un bon livre mais comme beaucoup de mes lectures du moment un livre où il y a un fort sentiment de gâchis.

4ème de couverture:
C'est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d'épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d'espagnol, mais assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l'âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C'est avec elle qu'il va "fauter", une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.
Commence alors une dérive qui l'amènera à servir les textes, et les morts, de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l'amour et les projets d'exil.
Dans "Rue des Voleurs", roman à vif et sur le vif, l'auteur de "Zone" retrouve son territoire hypersensible à l'heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s'embrase, l'Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l'énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d'un combattant sans cause, "Rue des Voleurs" est porté par le rêve d'improbables apaisements, dans un avenir d'avance confisqué, qu'éclairent pourtant la compagnie des livres, l'amour de l'écrit et l'affirmation d'un humanisme arabe.




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